IRAN PAKISTAN

 

Voir la page pratique

 

                 

 Capitale :     Téhéran                                                                      Islamabad      

 Superficie : 1 650 000 km² (3 x la France)                                       804 000 km²   

 Population : 80 millions                                                                  192 millions

 Langue :      Farsi                                                                            Ourdou et Anglais; 44% de la population parle Penjabi

 Monnaie :    Officiel : Rial iranien                                                     Roupie pakistan

                     Utilisé : Toman (-1 zéro)

 

 

IRAN

 

Mercredi 18 octobre 2017  ciel bleu  38° /30°

 

Mer calme et peu de passagers sur notre espèce de ferry, on a donc pu s'allonger sur les banquettes et dormir (presque) confortablement. Au diner, plateau repas poulet / riz / yaourt et thé / pain (arabe) / beurre / confitures.

Arrivée au port de Bandar Abbas vers 10 h du matin. Après quelques minutes, notre "facilitateur" de l'aller refait surface et après 3 heures de formalités (voir rubrique Shipping) nous sommes libérés !!!!

 

 

Nous passons l'après midi sur la plage à l'ombre des géants et regagnons notre parking centre ville pour la nuit.

 

 

Aujourd'hui, le vent souffle en rafales  et la ville flotte dans un épais brouillard de poussières surchauffées.

 

Plusieurs personnes nous ont invité à manger, mais la plupart du temps elles ne parlent que farsi, alors passer la soirée à grignoter devant la télé avec le son à fond,(ça meuble les silences) voir défiler la famille et les amis pour faire des selfis, tout ça sans dire un mot !!!!

Et puis, on ne sait jamais si les invitations sont sincères - est-ce à cause de la religion qui oblige tout musulman à héberger les voyageurs ; est-ce pour épater la galerie et compléter l'album photo !!! Y en a même un qui nous a proposé eau, douche, internet et bien plus encore, mais il est parti rapidement sans laisser d'adresse !!!!

 

 

A la sortie de la ville, nous rejoignons un parc avec des kiosques pour les campeurs ....on aurait bien pris un peu d'eau mais le robinet est juste utilisable par les géants !!! On pensait passer la nuit là, mais un habitant du coin, prof à la fac, nous le déconseille vivement - d'après lui, le quartier n'est pas sur ! Nous regagnons notre parking / camping du centre ville.

 

Vendredi 20 octobre 2017   ciel bleu  33° / 28 °

 

Eh Bam....ce soir nous sommes à Bam, stationnés au pied de la citadelle en cours de reconstruction.

 

 

Ce matin on a quitté Bandar Abbas sans regret, ville portuaire sans charme, poussiéreuse et étouffante et puis c'est vendredi, jour de la prière -- jour de congé - tout est fermé.....sauf la boulangerie.

 

Nous roulons en direction de la ville de Bam, située à 400 km d'ici, en bordure du Jebal Barez, en direction du Pakistan.

 

 

Dans le désert, le vent de sable souffle en rafales et obstrue l'horizon. Attention, beaucoup de flics avec des jumelles sur les routes....et ce n'est pas pour regarder les filles en mini jupes !!!!

 

 

Au milieu de montagnes arides, de nombreuses oasis aux constructions rudimentaires, mais dans les vallées, grâce à l'irrigation et l'abnégation des paysans, palmiers dattiers, arbres fruitiers et cultures maraichères tapissent le paysage.

 

 

 

A la sortie d'un petit village, nous  faisons remplir notre bouteille de gaz 3 kg. Elle est loin d'être vide, mais ici, c'est tellement facile et ça coute si peu.... en fait, rien du tout, car le  commerçant n'a pas voulu qu'on paie !!!  Bon, j'ai quand même payé de ma personne....ils ont tous voulu me prendre en photo, tout seul, avec eux, avec le camping-car, avec la bouteille de gaz et pourquoi pas avec leur petites sœurs ????

 

 

 

 

 

 

Puis la route grimpe dans la montagne - monte jusqu'à 2400 m pour redescendre sur Bam, une immense oasis située à 1300 m d'altitude....Les nuits passées, on crevait de chaud, on se demande si cette nuit une petite couverture ne serait pas la bienvenue

 

 

M... la route de Bam est fermée par des tas de cailloux....mais les voitures escalades quelques gravas et passent quand même - on fait pareil et finalement ça passe !

 

Bam, 26 décembre 2003, 5h30 du matin, alors que presque tout le monde dort encore, la terre se met à trembler - 6,5 sur l'échelle de Richter - bilan :  40 000 morts, 50 000 blessés et 85 % de la ville détruite.

 

Au milieu de ce chaos indescriptible, la citadelle d'Arg-e-Bam, classée au patrimoine de l'humanité par l'Unesco fut presque entièrement détruite. Aujourd'hui, alors que la ville panse encore ses plaies, le chantier de restauration de la citadelle de pisé se poursuit toujours.

 

 

 

A part la rue principale, refaite à neuf où les boutiques s'alignent sous les arcades, on se demande si la ville est en destruction ou en reconstruction -  bâtiments jamais terminés, trottoirs bancals et poubelles renversées.

 

Par contre le parking de la citadelle est parfait pour le bivouac, plat, propre et calme - manquerait peut être le wifi - d'autant que nous sommes allés dans le seul grand hôtel de la ville et que le débit était tellement lent que nous n'avons même pas pu prendre nos messages.

 

Dimanche 22 octobre 2017  ciel bleu  28° / 18°

Pour rejoindre Zahedan, nous traversons une partie du désert du Dasesht-e Lut. Les étendues arides sont entrecoupées de villages de pisé au milieu de milliers de palmiers-dattiers.

 

Malgré l'ensablement des voies, le train circule toujours 2 fois par semaine entre l'Iran et le Pakistan. Il transporte surtout des marchandises, mais il semblerait qu'il y ai un ou deux wagons pour les passagers...

 

Puis nous quittons le désert pour entrer dans les montagnes de Selsele-ye Pir-e Shuran, des montagnes de toutes les couleurs ; la palette de l'artiste comme diraient les américains;

 

A propos d'américains, ici ils ne sont pas les bienvenus et  à voir les affiches, Trump non plus !

 

Les contrôles de polices répétés rappellent que nous évoluons dans une région sensible. Les frontières afghanes et pakistanaises sont toutes proches et les trafics se multiplient, herbe, carburant.....

Arrivés à Zahedan, nous rejoignons l' ITTIC Hôtel  (Zahedan Tourist Hôtel) qui a une belle place (calme et à l'ombre) pour stationner notre Sprinter - ils nous réclament 11 €, Claude négocie et fini par leur donner 4 € qu'ils finissent par accepter !!!

Grace à la connexion internet, nos amis de Thonon nous informent qu'ils arrivent à Bandar Abbas - trop tard, nous sommes déjà loin !!!

Nous communiquons aussi avec François, notre ami de Gap, actuellement à Téhéran, qui vient de récupérer son Toy stocké tout l'été à Zahédan. Ils nous donnent ses contacts à la direction régionale du tourisme du Sistan Balouchistan.

Hamid et le Dr Mojtaba, son patron, nous rendent visite le soir même à l'hôtel afin de nous proposer leur aide afin de rendre notre séjour agréable. Ils parlent tous deux anglais et le docteur apprend actuellement le français. N'hésitez pas à appeler Hamid, abdulhamid863@yahoo.com (voir PP Iran-Pakistan) il est là pour vous rendre service : bivouac - change - visites - gasoil et bien plus.

 

Lundi 23 octobre 2017     Zahedan

A 8 heures "pétantes", Hamid est à notre porte...et nous accompagne au Bazar-e Ruz, un marché coloré dont la plupart des articles viennent du Pakistan tout proche. Dans les allées, des monceaux de broderies baloutches à forme géométriques qui serviront à décorer la tenus des femmes.

La plupart des habitants de Zahedan sont des Baloutches dont la population est répartie entre l'Iran, le Pakistan et l'Afghanistan.

Puis on repasse voir le Docteur et son supérieur le Docteur  Gohady  qui a fait ses doctorats à Paris -  mais ils sont très occupés, alors en attendant, on nous amène le thé, puis encore du thé...

Vers 17 heures ont fini par chercher une station service qui vend du diesel - il faut sortir de la ville (plus de 600 000 hab) - ici tout le monde roule à l'essence, sauf les camions qui restent à l'extérieur de la ville. En passant, on a embarqué une jeune étudiante qui veut parler anglais avec Claude !!!!

Première station, des camions jusque sur la route - plus de gasoil - deuxième station 15 km plus loin - pareil - Hamid nous dit d'attendre -  après une ou deux heures le camion citerne fini par arriver - c'est la pagaille - on passe devant tout le monde et on prend 100 litres de gasoil pour 6 €, plus 2 / 3 litres sur les pieds car le pistolet n'est plus automatique. A ce prix là, pas de problème pour les 2 / 3 litres, mais pour le pantalon !!!

Les iraniens ne savent vraiment pas conduire, personne ne respecte rien : ils s'arrêtent et redémarrent sans regarder, n'appliquent aucune priorité, font des demis tours sans crier gare, changent de files sans avertissement, d'ailleurs, le clignotant, c'est un truc dont ils ne connaissent même pas l'existence et j'aurais du me méfier !!!

En arrivant à l'hôtel, je roule tranquillement à droite et met mon clignotant du même côté pour entrer sur le parking et commence ma manœuvre .... et boummm - une moto qui se faufilait entre le trottoir et nous, nous rentre dedans - les deux passagers font un vol plané (sans casque évidement) - plus de peur que de mal - ils ramassent leur moto, remontent prestement dessus et filent à toute vitesse !!!!

Je pense qu'ils ont pris compris leur bêtise et ont eut peur qu'on appelle les flics. 

 

Mercredi 25 octobre 2017

A 7 heures précises, Hamid "notre escorte" est là - départ pour la frontière à 85 km de la. Après quelques kilomètres de route, je fais signe à Hamid de s'arrêter - mon voyant "moteur" clignote orange - je lui demande de retourner à Zahedan pour réparer - mais ici point diéséliste ni de garage Mercédès - ça sent le roussi ! - je lui demande donc de nous rapprocher des "trucks garages" garages camions.

Comme la panne est survenue juste après le plein de gasoil, le garagiste me propose de changer le filtre à gasoil - que j'ai en stock- si ça n'a pas fait de mal, ça ne résout pas le problème !

Mais voilà que notre technicien arrive avec sa valise OBD - 10 minutes après nous sommes sauvés - code défaut disparu....

Quand on leur demande combien on leur doit (au mécano et au technicien), ils ne veulent rien - cadeau !!!  (on leur donne quand même quelque chose)

Si les iraniens conduisent comme des pieds, il se conduisent quand même comme des princes.

A la frontière Iranienne une escorte nous prend en charge -Toyota et motards armés jusqu'aux dents - un peu western quand même - comme si à la frontière, entourés de policiers, on risquait quelque chose ???

Police, douane, on avance un peu le CC, police, re-douane .... tout le monde est très sympa - ça dure environ 1 heure - on y comprend pas grand chose - mais c'est pas grave car c'est Hamid qui s'occupe de tout. On a les tampons sur les passeports et sur le CPD....adieu l'Iran.

 

Séjour de : 7 jours, dépenses : 85 €.

Parcours en Iran 2 :   1000 km.  Cumul depuis le départ "Asie" 16300 km (46900 au compteur)

 

PAKISTAN

Mercredi 25 octobre 2017  ciel bleu, 36° / 18°

15 h 00, bonjour le Pakistan (on a avancé nos montres de 1h30,  + 3h / à la France). Les formalités sont un peu longues - comme dans tous les pays en voie de développement, il faut faire les formalités auprès des agents, qui font signer au chef, qui refont signer au chef des chefs, etc. - mais les formalités se passent dans la bonne humeur - des agents nous guident continuellement - on passe devant tout le monde - et si on doit attendre quelques minutes, on nous apporte des chaises ... on fait si grabataire que ça !!!!

Vers 17 heures, les formalités sont terminées - il est trop tard pour former une escorte et prendre la route vers Quetta - on bivouaque au calme dans la cours de la police. Par rapport à l'Iran, le standing a bien baissé, mais on ne risque pas de s'échapper !!!

 

Jeudi 26 octobre 2017 beau temps  vent fort du désert

 

A 9 h, notre escorte arrive (en général un pick-up Toyota, un chauffeur et un policier armé) et nous prenons la route - pas pour bien longtemps - nous devons nous arrêter à de nombreux check points et remplir leur cahier (nom, N° passeport, destination etc.).

Et puis une fois sur deux, l'arrêt se prolonge pour attendre la nouvelle escorte ou boire le thé - mais la mitraillette n'est jamais bien loin !!!

 

Sur plus de 300 kms, le paysage est uniformément plat même si l'on distingue à travers la poussière des chaines de montagne de chaque côté.

Seul, les caravansérails, flanqués d'une petite mosquée, répartis de loin en loin le long de la voie ferrée, animent le paysage.

Seuls, les bus et les camions Pakistanais rompent la monotonie de la route.- de véritables œuvres d’art sillonnent les routes - des camions hauts de plusieurs mètres décorés de motifs colorés peints à la main. Un art populaire qui fait la fierté des Pakistanais.

La grande majorité des camions sont des véhicules d’occasion importés du Japon ou de Corée. Une fois au Pakistan, leur châssis est renforcé afin de supporter une charge supplémentaire et les vieux amortisseurs remplacés. Mais les freins, le moteur et les suspensions sont d’origine, et dans la montagne, ils fument à perdre haleine. Au moindre arrêt, les chauffeurs en profitent pour faire briller jantes et carrosseries.

Tous les véhicules portent un mélange de citations, de poèmes, de motifs répétitifs, de paysages et de portraits (des belles femmes, des personnalités politiques, des héros nationaux...). Traditionnellement, les formules religieuses implorent simplement une protection divine contre les accidents. Mais, en 2003, un mouvement sunnite, le Tablighi Jamaat (Groupe pour la prédication), a commencé à se servir de ces formules traditionnelles pour faire du prosélytisme. D’autres groupes religieux (chiites et sunnites) lui ont alors emboité le pas, créant ce que l’on pourrait appeler des ‘camions missionnaires’"

Derrière cette logique économique se cache un amour secret entre l'homme et la machine. «Leurs femmes mourront de faim au village mais des convoyeurs préféreront encore investir leurs économies pour décorer leurs camions», conclut un mécano, devant un poids-lourd décoré.

 

Dans les villages, les bas côtés poussiéreux servent de décharge et la plupart des maisons en pisés sont dans un état d'abandon avancés - manque d'entretien, manque d'argent, manque de volonté...surement un peu tout ça. 

Les stations services n'ont pas meilleure mine avec leurs pompes déglinguées et les centaines de fûts qui envahissent l'espace. Sur la route, des dizaines de camionnettes chargées de bidons de 60 litres font un trafic de carburant incessant. A partir de Quetta, nous trouverons de grandes et modernes stations.

 

Pour le bivouac, l'escorte nous accompagne jusqu'à l'hôtel / restaurant Al Dawood dans la petite ville de Dalbandin - nous demandons pour faire quelques courses - un policier armé nous accompagne jusqu'au magasin le plus proche (50 m), no more !!!

A la nuit tombée, les portes du parking se referment, nous sommes prisonniers....enfin non, en sécurité à l'abri des regards !

 

Vendredi 27 octobre 2017 ciel bleu     30° / 14°   alt : 1680 m

 

Des dizaines de briqueteries artisanales sont installées dans cette région, probablement à cause de la présence d'argile - mais de bois pour les faires cuire, aucune présence !!!

Le paysage change petit à petit - les grandes étendues de reg laissent places aux ergs - paysages de dunes blondes. puis à la montagne.

Aujourd'hui, les escortes sont mieux coordonnées et l'attende à chaque relai (15 aujourd'hui) est de courte durée, mais les chauffeurs un peu lents. A midi nous sommes même arrêtés pour manger dans une gargote au bord de la route - les policiers étaient même en train de m'expliquer qu'il fallait que je leur paie à manger lorsqu'un coup de téléphone salvateur les ont informé que l'escorte suivante les attendait - du coup on est reparti à fond !

Nous pensions arriver à Quetta en début d'après-midi, mais les nombreux changements d'escorte, les tronçons de route défoncés et quelques chauffeurs mollassons nous retardent énormément. Du coup, nous mettrons plus de 8 h pour parcourir les 320 km.

A l'approche de Quetta, la capitale du Baloutchistan, (1 millions d'habitants) la présence militaire est renforcée - un militaire tous les 100 m. Dans les rues de la "capitale" la police et les militaires sont omniprésents, carrefour, gare, bâtiments publics, bazars et shopping center sont étroitement surveillés par des centaines d'hommes armés. 

Dès l'entrée de la ville, notre escorte  blindée est  assistée par des motards (sur une 125 cm3 quand même) qui font dégager la route devant nous.

Depuis des décennies cette province du Baloutchistan est en proie à des attentats meurtriers. Les attaques sont revendiquées par les talibans, le groupe Etat Islamique, mais aussi par les séparatistes baloutches qui luttent pour l'indépendance de cette province riche en ressources naturelles.

Arrivés à Quetta (1680 m d'altitude), nous demandons à l'escorte de nous  conduire à l'hôtel Bloom Star qui possède un parking et le wifi !

Lorsque je demande à l'hôtel à quelle heure est prévue l'escorte demain matin, il me répondent qu'ils y a des formalités auprès du gouvernement du Baloutchistan - impossible durant le week-end - et ici le week-end s'étend du vendredi midi au dimanche soir, alors départ lundi ???

Ici, ça ressemble un peu à Alcatraz - hauts murs, portail clos et impossible de mettre le bout du nez dehors. 

Les geôliers sont quand même sympas, Mukhtiar vient même offrir des bijoux à Claude et les visites des curieux, petits et grands animent nos journées

Lorsque nous avons besoin d'acheter quelques produits frais (pain, cakes, fruits...), on leur fais une liste et ils envoient un commissionnaire.

Pour la visite de Quetta, il faudra repasser ; mais quand ?

 

Lundi 30 octobre 2017  beau temps, 28° / 15°

Raté, ce n'est encore pas aujourd'hui que nous partirons !!!

Dans la soirée, des voyageurs sont arrivés,  - des motards - 9 au total (français, allemand, Autrichien et Russe), et un couple de Polonais qui voyagent en stop, et le stop ici c'est facile, il n'y a qu'à monter dans la camionnette de l'escorte.

Dans la matinée, une escorte renforcée (police anti-terroriste) vient nous chercher et nous emmènent tous en ville au siège du gouvernement du Baloutchistan pour des formalités - et ça dure, ça dure - la paperasse, ils en connaissent un rayon.....Ca dure tellement (plus de 4 h) qu'on fini par demander d'aller manger à la cantine : riz, légumes, poulet, boisson -13 € pour 9, c'est pas la ruine.

Ensuite, les Polonais veulent aller à la gare pour acheter leurs billets de train, les autres veulent des cigarettes et nous des fruits - bref, lorsqu'on rentre, il fait presque nuit.

Comme les jeunes ont des cigarettes et les flics du hachsich, ils prennent le temps de fumer un joint dans le pick-up avant de repartir !

 

Mardi 31 octobre 2017  ciel bleu  36° /  25°   alt : 100 m

Aujourd'hui, nous ne sommes plus que 4 équipages -  des Anglo-Pakistanais en voitures, 2 motards et nous - certains ont pris le train, d'autres vont vers l'Iran et nos compatriotes Julien et Eloïse sont malades et ne reprendrons la route que demain.

Ce matin, l'escorte arrive vers 8 h, mais comme personne n'est prêt, elle repart et ne revient qu'à 10 h, on est mal parti pour arriver à Sukkur (390 km) avant la nuit !!!

Malgré l'autoroute Jacobabad (ce qu'on appellerait départementale en France), les escortes sont un peu lentes, si lentes qu'à plusieurs reprises, les motards se portent à leur hauteur et leur font signe d'accélérer - puis lorsque la nuit approche, les escortes roulent très vite et doublent n'importe où - pas facile de garder le contact dans ces conditions, d'autant que les flics n'ont ni gyrophare ni éclairage arrière !!!!

Ah, oui, j'ai oublié de vous dire - les prières ça marche, sinon il seraient déjà tous morts !!!

Ca double à droite - à gauche sur le bas côté - en troisième position avec des camions en face, alors qu'il n'y qu'une voie à double sens - les motos zigzaguent devant les pare-chocs - les Tuc-tuc se faufilent entre les voitures - et le flic, il fait ce qu'il peut, c'est à dire rien - ah si, il siffle, mais avec les puissants klaxons des camions ....

Et puis, il y a les charrettes à âne, les charrettes à chameaux, les tracteurs, les camions en panne, les transports volumineux, les caravanes de chameaux et les check points où il faut s'arrêter !

 

Et la nuit, c'est l'apothéose - les camions nous aveuglent avec leurs phares mal réglé, les voitures n'ont presque jamais de feux arrières, les motos n'en ont ni à l'avant ni à l'arrière  et toujours les camions en panne, les charrettes à âne et les tracteurs (toujours sans éclairage) qui roulent à sens inverse même sur les autoroutes !

En fait, au Pakistan, les routes sont 100 fois plus meurtrières que les attentats !

Il est 20 h, ça fait 10 h qu'on roule - déjà 2 heures qu'on roule de nuit - lorsque l'escorte nous abandonne à l'entrée de Sukkur. En ville, la situation ne s'arrange pas,  les motos font des embardées pour éviter les trous, les détritus débordent sur la route - la poussière et les fumées réduisent la visibilité - quand aux éclairages publiques ils sont aux abonnés absents !!!

Nous cherchons la "Step Inn Guest House" conseillée par des routards sur l'application iOverlander,  mais après s'être perdu dans une petite ruelle en cul de sac, un voisin nous informe que l'hôtel est fermé !

Galère, galère - comment, en pleine nuit trouver un autre bivouac dans cette ville poussiéreuse pas de nom de rue, pas  d'éclairage publique et une circulation anarchique au milieu d'un halo poussiéreux ....  

Nous ressortons de la ville et  rejoignons une station service - un peu bruyante toute fois - circulation intense, compresseurs qui bourdonnent et camions qui s'invectivent à grands coup de klaxon - mais en pleine nuit difficile de trouver mieux  et après 10 heures de route et de concentration intense, nous sommes crevés....

 

Vendredi 3 novembre 2017

Nous roulons depuis quelques jours dans la vallée de l'Indus, le grand fleuve  qui aurait donné son nom à l'Inde. Il prend sa source dans  l'Himalaya et se jette dans la mer d'Arabie près de 3200 kilomètres plus loin.

Au Pakistan, le fleuve irrigue une large plaine et la rend très fertile - tout y pousse : arbres fruitiers, maïs, riz et surtout coton et canne à sucre.

De nombreux troupeaux de zébus, vaches, moutons et brebis prospèrent en bordure des cultures.

Au vu des milliers de camions qui roulent jour et nuit sur la RN 5, les affaires ont l'air prospère - un camion tous les 100 m sur plusieurs centaines de kilomètres, ça en fait quelque uns - et les accidents sont nombreux et souvent spectaculaires.

 

Voila un petit aperçu des camions et de leurs chargements :

 

 

 

Dans les villes et les villages, c'est toujours le même bazar, bas côtés poussiéreux, étals de bric et de broc et les poubelles qui débordent sur la nationale.

Le midi, nous mangeons bien souvent dans les restaurants des grandes stations services (quelques fois, elles sont touche à touche) - poulet riz ou mouton riz avec boisson pour 2 ou 3 euros - à 3 euros, c'est carrément un gueuleton ! Après on a la bouche en feu....mais ça passe.

 

 

Nous faisons les courses dans les petites échoppes au bord de la route et le soir, c'est repas dans le camping-car.

 

Dans cette vallée largement irriguée par l'Indus un épais brouillard se forme durant la nuit et ne se dissipe qu'à la mi journée. 

Nous sommes parmi les premiers voyageurs à circuler librement et les gens sont tellement surpris qu'ils sont prêt à appeler la police pour qu'elle nous escorte, alors, vous pensez bien que si nous trouvions un bivouac sauvage nous serions vite "escorté" vers un endroit sécurisé !

De touts façon, dans cette vallée, où tout est cultivé, seuls quelques petits chemins à peine carrossables s'enfoncent dans les cultures, du coup les bivouacs ne sont pas franchement glamours -  nous échouons souvent dans les stations service, mais qui dit station service,  dit nationale et bruit.

Hier après midi, sur les conseils de Natetjean www.natetjean.com nous avons fait un détour pour visiter et bivouaquer au Lal Suhanra National Park. Quelques plantations, des aires de pique nique, des jeux pour enfants, un mini zoo et un parking sale et poussiéreux.

De nombreux jeunes nous accostent pour discuter, ils veulent même nous offrir du thé, une boisson ou des glaces - et évidement, ils veulent visiter le CC et faire des selfies avec nous. Quand aux femmes, on se demande bien ou elles sont passées !!!

Ils ont beau nous dire que les pakistanais sont accueillants et gentils (ce qui est vrai), n'empêche qu'en fin de journée, le gardien nous annonce que nous ne devons pas rester là pour la nuit - nous allons jusqu'au Motel du park, mais là, ils ne veulent pas de nous non plus - motif : sécurité....c'est vrai qu'à l'époque de leur périple, Nat et Jean étaient sous escorte.

Tant pis, ce sera comme d'habitude, la station service, où veille un garde armé.

 

Samedi 4 novembre 2017  brouillard    23° / 18°

Hier soir on s'est battu avec les moustiques une bonne partie de la nuit.

Ce matin, le brouillard est tenace. Après une demi heure de route, nous stoppons dans une station service en attendant qu'il se lève un peu - visibilité 30 m - charrettes hors gabarit, voitures sans éclairage, et toujours les bus trompe la mort qui doublent le doigt bloqué sur le klaxon, sans compter les troupeaux qui débordent sur la route - trop dangereux - pour eux, les prières, ça marche ; nous, on a pas encore essayé !!!

Après avoir bien malaxé la bouse de vache, les femmes forment des galettes qu'elles mettent à sécher sur le terre plein central de "l'autoroute" ou sur les murs des maisons. Une fois sèches, ces galettes serviront de combustible.

Dans les villes de campagne, c'est toujours le même désordre et les mêmes embouteillages de tuk-tuk.

Malgré tout, nous arrivons au Changa Manga Forest Park (70 km avant Lahore) en début d'après midi. Il s'agit d'un immense parc avec aires de pique-nique, aires de jeux pour enfants, balançoire géante, petit train, marchands de glaces etc. Et aujourd'hui, nous sommes samedi, jour de congé - il y a un monde fou - des familles, des écoliers, des étudiants et pour une fois, des jeunes filles

Welcome to Forest Park....à la fin de la journée, les corbeaux et les chiens finissent les restes !!!

Nous demandons au gardien si nous pouvons rester sur le parking pour la nuit - c'est non - nous demandons au motel du parc qui un immense parking clos - c'est oui avec une autorisation de la police, sinon sur le parking à l'extérieur du motel. Parking plat, coin tranquille, un berger vient faire paitre ses 3 ou 4 vaches - 19 h, toc toc toc, c'est la police, ils connaissent un seul mot d'anglais qu'ils nous répètent plusieurs fois "dangerous, dangerous", on essaye de négocier, mais ce qu'ils  veulent c'est qu'on quitte leur secteur.

Nous prenons la route de Changa Manga village, mais le brouillard est si épais, qu'on ne distingue plus la route....je suis un tracteur, il nous perd - je fais demi tour et suit un camion - il s'arrête dans une petite station service bondée de tracteurs et de remorques - j'essaye de continuer - au bout 10 m, je ne sais plus où est la route - marche arrière jusqu'à la station - le pompiste, sympa, comme toujours, nous trouve une petite place - fin de la journée !

Ca confirme ce que nous pensions, pratiquement impossible de faire de bivouacs sauvage.

 

Dimanche 5 novembre 2017  brume, soleil voilé,  29 °, alt 220 m,

Nous sommes à Lahore, la deuxième ville du pays avec ses 11 millions d'habitants, mais à part les grandes artères qui la traverse et quelques monuments remarquables, la ville est un assemblage de petits villages avec leurs petites rues commerçantes.

Avec whatsapp, nous réussissons à joindre  Julien et Eloïse, https://joseetcaseamoto.wordpress.com un jeune couple de motards français que nous avions laissé à Quetta (Julien était malade et ils n'ont pas pu prendre la route avec nous) - ils sont aussi à Lahore au Mall Wiev Hôtel - il y a même une petite place pour nous dans la cour !

Très bruyant quand même (le long d'une voie à grande circulation), le patron ne nous demande rien, mais en contre partie, avec notre "camper", on fait l'attraction auprès des ses clients !

Nous avions prévu de faire quelques visites à Lahore, mais comme nous n'avons pas envie de passer une deuxième nuit aussi bruyante, nous rejoignons la frontière.

 

Les moins : Pays sale, habitat en voie d'éboulement, bas côtés des villages déguelasses et poussiéreux (et encore il faisait sec) - difficile de trouver des poubelles (pour nous c'est un problème quotidien) - conduite dangereuse - peu d'endroits pour bivouaquer - peu d'internet (sauf 3G) - peu de choses à visiter jusqu'à Lahore -

Les plus : Population accueillante et serviable - les gens sont très curieux - permet de rejoindre l'Inde sans shipping.

On nous avait tellement dit que nous serions toujours en escorte que nous n'avons pas même cherché un guide sur le Pakistan et les infos nous manquent....et l'internet aussi.

 

Bilan Pakistan : Séjour de 12 jours, dépenses : 300 €

Parcourus au Pakistan : 1800 km, cumul depuis le départ "Asie" le 3 oct 2016) : 18100 km   (48700 compteur)   

 

                                                                   Le 6 novembre 2017, le voyage se poursuit en INDE