SENEGAL

Population : 11600 000 habitants

Monnaie : Franc CFA

Superficie : 1/3  de la France

Langue(s) officielle(s) : Français  

Densité : 50.91 ./km²

Statut : République

Capitale : Dakar

Projection 2050 :  23 000 000 habitants

Parcours du 29 octobre au 29 novembre 2005

Km au Sénégal : 2330 dont 600 de piste et routes défoncées
       
Kilométrage total depuis le départ: 11 060


Indépendance en juin 1960. Le secteur agricole emploi 60% de la population active. L'activité se diversifie. Le secteur des transports, les nouvelles technologies et le tourisme recèlent d'importants gisements de croissance. Le climat est tropical avec une saison des pluies de juillet à octobre et une saison sèche de novembre à mai. Religion musulmane, catholique et animiste. Espérance de vie : 52 ans, scolarisation : 40%

Sénégal: 29 octobre 2005

Avant d'arriver à Saint-Louis, 3 contrôles : gendarmerie, police, gendarmerie. (non je ne me suis pas trompé) Au troisième contrôle, le gendarme veut voir l'extincteur, le triangle, la carte grise, l'assurance, alors qu'ici ils n'ont même pas de plaques, de phares etc.....(tout ça pour demander un bakchich au cas ou) Pas de bol, nous avons tout, sauf que l'assurance ne lui convient pas. Il s'agit en fait d'une attestation des AGF (cabinet Marie à La Mure 38) qui permet aux camping-cars ou assimilés d'être assurés dans le monde entier pendant 3 mois après les pays de la carte verte. Après  10 mn de palabres en lui expliquant que nous étions contents de visiter son pays, que tous les gens y compris les autorités étaient très sympas, ça l'a décontenancé et il nous a laissé partir en nous souhaitant bon voyage.

Changement de pays, changement de coutumes, les khaimas ont fait places aux cases en paille ou en ciment,  les djellabas blanches ou bleues claires  aux boubous colorés des femmes, les airs un peu sérieux à la joie de vivre des Sénégalais.

Saint-Louis ça nous à plu tout de suite, ça nous rappelle la Louisiane avec ses lagunes, ses mangroves, ses pêcheurs, ses

balcons en fer forgé accrochés aux belles maisons coloniales aux teintes ocre jaune.
Bien sûr, depuis l'époque coloniale les choses ont bien changé, les balcons sont rouillés, les façades décrépies, les jardins abandonnés, mais le charme demeure.


A St-Louis il y a 3 "quartiers" bien distincts ; Sor, le quartier des artisans, situé sur le continent, puis en empruntant le
pont Faydherbe, l'île St-Louis (comme à Paris) située entre les 2 bras du fleuve Sénégal, entièrement urbanisée avec ses commerces, administrations, consulats, etc et ensuite la Langue de Barbarie.
Le Pont Faydherbe,  500 m de long, construit par Gustave Eiffel, a été construit en 1897 pour franchir le Danube, mais à la suite d'une gigantesque erreur administrative il fut expédié ici. Finalement sa longueur étant bonne, il resta.



De l'autre coté de l'île St-Louis on arrive sur une longue langue de sable appelée Langue de Barbarie.
C'est sur cette presqu'île que vivent et travaillent environ 10000 pêcheurs, aussi bien sur le fleuve que sur l'océan. En ce moment ils pêchent très peu car les espèces intéressantes sont remontées frayer plus au Nord et il ne reste que les poissons chat, les raies et les petits requins qui n'ont pas  grande valeur marchande.

C'est au Sud de cette langue de sable, sous les cocotiers, non loin  de la ligne de partage des eaux, que nous établissons notre campement pour quelques jours.



Vers le nord, la Langue de Barbarie rejoint la Mauritanie. Après 15 km de plage, nous arrivons à Goyo un petit village Mauritanien, qui vit du commerce du sucre, thé, cigarettes, huile..... En effet ces produits sont bien moins chers en Mauritanie qu'au Sénégal et permet un petit trafic.
C'est aussi d'ici que partent les taxis brousses (Toyota 4x4) sur 270 kilomètres de plage et rallient directement Nouakchott, capitale de Mauritanie.


Jeudi 3 novembre
Hier nous sommes partis vers le parc National de Djouj afin d'y être ce matin à la première heure.               
  Troisième réserve ornithologique  du
monde, elle abrite quelques 3 millions d'oiseaux migrateurs tel que : flamants roses, pélicans (15000) hérons, aigrettes qui côtoient les crocodiles, varans, phacochères et singes.

De retour à St Louis, sous nos cocotiers, j'en profite pour commencer le montage du film Maroc/Mauritanie.
De toute façon, aujourd'hui c'est la fin du ramadan (karité). Sachant que 90% des Sénégalais sont musulmans, c'est la fête  et tout est fermé, même les flics ne sont pas sur la route pour nous faire ch......
Dans la soirée nous discutons avec Baye un jeune de 25 ans,  mais bien vite il nous dit préférer rentrer avant la nuit car il y a quelques jours, vers 9 heures du soir, alors qu'il traînait par-là, il a été accusé d'avoir volé un portable et tout le quartier lui est tombé dessus, l'ont tabassé et lui ont coupé ses "dreads" .
Les Sénégalais sont plutôt cools et accueillants, mais que l'on soit Noir ou Blanc, il n'y a pas intérêt à leur voler quelque chose ou accidenter un des leurs, car c'est la punition immédiate et ce n'est pas la peine d'aller se plaindre aux flics, ils n'en ont rien à foutre.

Lundi 7 novembre

Après une semaine à St Louis, nous avions prévu de partir samedi matin, mais après une leçon de bagues à Maguette, suivi d'une invitation à manger le tiéboudienne (plat national : riz au poisson accompagné de navets, carottes, pommes de terres etc....), la soirée était trop avancée pour prendre la route.
Avant de quitter St Louis,  nous devons absolument faire prolonger notre autorisation de circuler (passe-avant) au bureau des douanes, mais cette semaine pas de chance, entre les congés de fin de ramadan, jeudi/vendredi et le week-end, ça fait 4 jours fériés.
Dimanche matin nous nous présentons quand même au bureau des douanes. Là un employé nous propose d'aller chercher le colonel qui habite au-dessus ; un quart plus tard, il accepte gentiment de nous prolonger notre passe-avant de 30  jours. Au cours de la discussion, il nous explique qu'ici la solidarité  n'est pas un vain mot. Il nous raconte que dans les quartiers, lorsqu'un étudiant veut faire des études supérieures à l'étranger (bien souvent en France) tous les gens se cotisent pour en assumer les frais. Par contre, dès qu'il aura un travail, même immigré à l'étranger, il devra demander à sa famille l'autorisation de prélever ce qui lui est nécessaire pour vivre, et envoyer le reste pour faire vivre sa famille et une partie du quartier. S'il ne le fait pas, il est banni et traité de Toubab (c'est à dire de blanc) car il est bien connu que les blancs ne sont pas très solidaires. Lorsqu'il nous racontait ça, nous avions quand même envie de lui répondre que s'ils avaient des châteaux d'eau, des routes, des dispensaires, des écoles, etc, c'était quand même en partie grâce à la solidarité des Toubabs.

Nous quittons donc St-Louis pour Mboro/mer où nous devons rencontrer Christine une infirmière à la retraiteoriginaire de Haute-Savoie, qui a monté ici un centre socio-éducatif sanitaire.

En allant à Mboro,  village de pêcheurs sur la route de Dakar, nous déjeunons à l'ombre de gros baobabs. Dès notre arrivée, nous prenons un bain dans l'océan. Nous restons  près de la côte, car ici la barre est puissante et dangereuse. A St-Louis nous étions tellement occupés que nous n'avons même pas eu le temps de nous baigner.
Ciel éternellement bleu, eau à 28°, air à 33°, légère brise marine. (Le soir lorsque l'on se couche, il fait un peu chaud 28/30°, puis au petit matin c'est la fraicheur, 20° avec beaucoup d'humidité).
Nous aurions bien aimé aller jusqu'à Dakar par la plage à marée basse, (environ 180 km de St-Louis à Dakar) mais il aurait fallu être au moins à 2 voitures. Ce n'est pas  compliqué ni dangereux, mais en cas de panne et de marée montante, c'est la fin du voyage !


Ce soir, nous sommes invités à boire le thé et manger les filets de sole grillés chez Badou, un habitant du quartier (c'est Claude qui prend la photo). Je crois que j'ai trop bu de thé et cette nuit j'ai très mal dormi.

Ce matin nous rendons visite à Christine dans son centre de santé (nous avons établi notre bivouac non loin sous les pins). A midi, sa permanence terminée, nous la raccompagnons chez elle où nous passerons l'après-midi ; cours de bagues pour Claude, mise à jour du site pour moi.

Quelques anecdotes : cet après-midi, Christine a appelé le mécanicien, un roulement de roue de sa voiture faisait du bruit ; il a donc démonté le train avant pour constater que le roulement était usé, mais comme il n'en avait pas, il s'est contenté de le graisser avant de le remonter. Au moment du remontage, je lui ai fait remarquer qu'il avait mis de la graisse sur le disque de frein !! mais n'ayant pas bien compris* il a pris de la graisse avec les doigts et en a enduit le disque !!!. Quand je lui fais comprendre qu'au contraire il faut le dégraisser comme il faut, il a pris son chiffon plein de graisse et l'a nettoyé consciencieusement.

*La langue officielle est le Français, mais la plupart des Sénégalais parlent entre eux en Wolof. Il existe aussi une dizaine d'autres dialectes selon les ethnies ou les régions.
A côté de notre bivouac ; des maçons font des moellons ; beaucoup de sable (salé), peu de ciment (trop cher), peu d'eau (trop loin) ; résultat ça ressemble plus à des châteaux de sable qu'à de la véritable maçonnerie. Preuve en est, les clôtures faites en parpaings autour des propriétés sont souvent transpercées par les vents de sable ou la pluie avant que la case soit construite.   C'est aussi ça l'Afrique...............


Jeudi 10 novembre

Hier, en descendant la côte, nous nous sommes arrêtés au "village des tortues". Il s'agit d'un centre de protection qui a pour but de réintégrer les tortues en voie de disparition dans leur milieu naturel.
Cette tortue Sulcata pèse environ 100 kg et est la plus grosse d'Afrique.
Savez vous ce qui détermine le sexe d'une tortue ? Lors de la ponte, les tortues font un trou dans le sable et y déposent leurs oeufs. Des  oeufs du dessus, exposés à la chaleur, naissent des mâles, de ceux du dessous naissent des femelles et entre les deux  c'est moitié-moitié.


Lorsque nous arrivons au lac Retba, c'est la ruée vers l'or" blanc" (l'or blanc c'est nous). De nombreux jeunes viennent
nous proposer des sculptures en teck ou en ébène, des peintures sur écorces de baobabs, des cornes de buffles sculptées etc....Pas de chance, nous ne pouvons rien emmener.
Le lac Retba ou lac Rose, ça ne vous dit rien ? Si si réfléchissez, vous l'avez vu de nombreuses fois à la télé. Il s'agit de la ligne d'arrivée du rallye Paris Dakar. Sous certaines conditions météo, le lac est réellement rose, mais pour nous, pas de chance, aujourd'hui il est tout bleu. (En fait, il est un peu tôt dans la saison et il faut attendre que l'eau tombée pendant l'hivernage "juillet-aout" s'évapore un peu). Cette couleur est due à une algue microscopique qui oxyde le fer contenu dans l'eau salée (320 g/litre).
Ce matin nous négocions une barque (5 €) pour aller sur le lac voir de près les saliniers qui exploitent le sel.
Le sel est exploité par des saisonniers, souvent des Maliens ou Guinéens, les Sénégalais se contentant de leur louer les barques et d'en faire le commerce.
Les hommes, le corps enduit de beurre de karité, se tiennent dans l'eau jusqu'à mi-corps ; à l'aide de pics, ils cassent la croûte de sel au fond du lac et le chargent sur les barques. Les femmes, à l'aide de seaux, le décharge sur la berge et forment des tas piquetés d'un panneau qui en indique le propriétaire. Ce travail emploie environ 1000 personnes, 600 hommes et 400 femmes.

Le lac n'est séparé de l'océan que par des dunes plantées de Filaos (sorte de pins). Nous en faisons le tour par la plage en suivant les nombreuses traces laissées par les camions 4x4 (SM8) des tours opérators. Attention, le sable est mou ; dégonflage et 4x4 obligatoire. Ici la baignade est impossible sauf dans le lac, car les vagues sont énormes. D'ailleurs nous campons à environ un km de la mer et la nuit nous entendons un rugissement continu.

Nous sommes maintenant sur la Petite côte, au sud de Dakar et ici, contrairement à la Grande côte, la mer est calme et la baignade sans danger.
Nous nous arrêtons à Popenguine au bord de la mer afin de rendre visite à Alain qui habite ici depuis une douzaine d'années et que nous avons connu en Mauritanie. Nous faisons aussi la connaissance d'Oliviano,  un artiste Italien qui a sculpté des blocs de rochers sur la plage.
Dans cette région, vouée au tourisme l'on croise plus de blancs que de noirs ; autour de Saly,  hôtels, résidences, et villas se succèdent sans interruption.
 
Cette nuit, malgré le spray, je (Alain) me suis fait dévorer par les moustiques. Nous allons donc redoubler d'attention, car en Afrique une personne meurt du palu toutes les 30 secondes (surtout des enfants de moins de 4 ans).
Pourtant, il existe un traitement 100% efficace (Artésunate*) à condition que le diagnostic soit précoce. (et c'est bien là le principal problème). Ce médicament, introuvable en France, est vendu dans toutes les pharmacies du Sénégal pour un prix dérisoire (pour nous) : 5 €.

Lundi 14 novembre

Après une nuit paisible sur la plage de Joal, ville natale de Léopold Sédar Senghor, nous partons à la découverte de l'île
de Fadiouth en empruntant le pont de bois. Cette île entièrement constituée de coquillages est aussi appelée l'île aux coquillages. Il s'agit d'amas coquilliers constitués par les habitants  dès les premiers siècles de notre ère .
Les habitants, catholiques à 90% sont cultivateurs ou pêcheurs. Un autre îlot à proximité, sert de cimetière dont les tombes sont constituées aussi d'amas coquilliers.

  Sur cet îlot est aussi stocké  le foin pour les animaux, à cause du risque d'incendie  des cases de l'île principale.


C'est avec une  pirogue que nous découvrons les greniers à mil. (1 heure pour 5 € au lieu de 10 après négociations au départ du cimetière). Afin  de le stocker en toute sécurité,  les greniers sont installés dans la lagune entourée de mangrove. Il s'agit en fait de mini cases à toit de chaume sur pilotis.

Ici, à marée basse, on peut observer  les fameux crabes "violonistes" appelés ainsi  à cause d'une de leur pince très développée qui leur sert à faire des trous dans la vase pour se planquer à l'approche des curieux.
En chemin, nous nous arrêtons pour contempler le plus gros baobab du Sénégal avec ses 850 ans et ses 32 mètres de circonférence. Dans son tronc creux d'environ 5 mètres de diamètre et de 6 mètres de haut, plusieurs personnes peuvent s'y tenir simultanément. Comme vous pouvez le constater, c'est Claude qui fait la cuisine. J'en entends déjà qui rigolent ; Jean-claude, Joël et quelques autres, mais la preuve !!!


Nous arrivons à Ndangane dans la région du Siné Saloum, du nom des 2 fleuves qui irriguent la région. Site naturel exceptionnel, fait de milliers d'îles, de tanns (bancs de sable), de mangrove composée de palétuviers qui abrite des milliers d'oiseaux, poissons et crustacés sans oublier les hyènes, chacals ou margoulins.

Après âpre négociation, c'est à bord d'une pirogue à moteur que nous partons à travers les bolongs (canaux entre la mangrove) pour une matinée de visite de l'île aux oiseaux (en fait une mangrove avec très peu d'eau) et du village de Mar-lodj avec ses cases, et de ses poulaillers creusés dans des troncs de roniers (sorte de cocotiers).


C'est vrai qu'il faut négocier ferme ; et pour ça Claude n'est pas mauvaise ! Pour un prix de 30 000 cfa (48 €) annoncé, nous partirons finalement pour 13 000 (20 €). Au retour, le piroguier est venu me voir pour me dire :"ta femme elle est trop dure". Mais il faut dire qu'ils annoncent n'importe quel prix, et si ce n'est pas nous qui les "saignons", c'est eux qui nous "saignent".

A N'dangane, nous sommes reçus par Christian (et sa famille) qui vit ici depuis plus de 10 ans,  marié à une jeune Sénégalaise et père d'un petit Daniel. Christian est le voisin de Jacques et Marie-Laurence, nos amis d'Annecy, qui vivent ici une partie de l'année.
Au Sénégal, dans les régions touristiques, il n'est pas rare de croiser des blancs mariés avec de jeunes Sénégalaises. Ici ça n'a rien d'extraordinaire, car les Sénégalais ayant jusqu'à 4 femmes, leurs dernières épouses peuvent aussi avoir 30 ou 40 ans de moins que leur mari. Les blancs qui vivent ici sont de gros pourvoyeurs d'emplois ; indépendamment du fait qu'ils construisent des maisons, ils consomment plus que la population locale et emploient aussi des gardiens, jardiniers, fatous (cuisinières) etc..

En roulant sur la trans-gambienne pour nous rendre en Casamance nous traversons de nombreux petits villages de cases.

Les cases traditionnelles sont faites en palmes de cocotier ou en moellons et sont toutes recouvertes de grandes herbes (sortes de joncs). Plusieurs cases entourées d'une palissade forment une "concession" où habite toute la famille (même élargie) et plusieurs concessions forment un village.

Dans les petites villes, le charme est rompu, car on trouve souvent de vilaines constructions en moellons à moitié décrépies à toit plat ou recouvertes de tôles.
 Dans ces villages, la plupart de la population vit de l'élevage et de l'agriculture. Après l'hivernage (la saison des pluies de juin en septembre) l'eau est abondante et permet la culture du mil, sorgho, arachide et de nombreux  fruits : citrons, mandarines, pamplemousses, mangues.... Les éleveurs ont ; chèvres, zébus, cochons, etc.

Ici vous pouvez consulter la page Gambie.  

Samedi 19 novembre.

On se croirait en Asie !!! Du vert partout, des immenses rizières au milieu des rôniers et des cocotiers, des cases à toit de tôles, des forêts tropicales. Enfin bon, ce n'est pas les rizières impeccables d'Asie, c'est à l'Africaine, beaucoup plus cool "patron".
C'est aussi la région du peuple Diola aux rites et aux croyances ancestrales.



Nous arrivons à Ziguinchor "capitale" de Casamance. Bien que Ziguinchor se trouve à plus de 80 kilomètres de la mer, 
c'est d'ici que part le Wilis, bateau prêté par les Marocains (suite au naufrage du  Joola en 2002) qui rejoint Dakar par le fleuve et l'Atlantique en contournant la Gambie.
 L'accueil est sympathique et bon enfant, pas de jeunes désoeuvrés qui nous collent pour nous vendre n'importe quoi. Il règne ici une ambiance nonchalante et le long du fleuve casamance, les grandes maisons, anciens comptoirs Français, rappellent l'athmosphère des colonies.    
                                                                                                                                                                  
Depuis qu'il a brûlé, le marché St-Maur des fossés (appelé ainsi suite au jumelage de la ville française du même nom),  s'est déplacé le long des rues du quartier. Pendant que j'étais parti prendre quelques photos, Claude s'est embauchée pour écorcer les cacahouètes.


    Nous faisons une halte pour visiter l'Alliance Française à l'architecture exceptionnelle due à un architecte Français.

   

Aujourd'hui c'est dimanche et nous avons décidé d'aller à la messe (eh !  oui Françoise, ça arrive).

Il faut les voir arriver des petits villages alentour et converger à pied  vers l'église
en habits du dimanche. Les femmes, très élégantes, avec leurs chaussures à talons et petits sacs à main portent même des robes (photo de droite) dont les motifs sont des icônes religieuses. Et puis, Afrique oblige, les chants sont accompagnés de tam-tam et de maracas (fait avec les fruits du fromager).

Au début, dans cette région, les habitants étaient Animistes. Certains le sont restés et même si la plupart sont devenus Musulmans ou Catholiques,  tous ont gardé des rites Animistes.

Une légende explique ce changement ; un jour un curé vint et dit : si vous devenez Catholique vous ne pourrez épouser qu'une seule femme, mais vous pourrez boire tout le vin de palme que vous désirez (grosse consommation dans la région)  puis un marabout vint et dit : si vous devenez Musulman vous ne boirez pas d'alcool, mais vous pourrez épouser jusqu'à 4 femmes. C'est ainsi que selon leur penchant ils choisirent l'une ou l'autre des religions...

Cet après midi, nous prenons une piste pour nous enfoncer dans la brousse. Après 1 heure de piste(défoncée par l'hivernage)

  et une demi-heure de marche, nous arrivons à Bandial. Uniquement accessible en pirogue ou à pied par une petite digue, le village de Bandial constitué de 2 quartiers bien distincts, l'un catholique, l'autre musulman, vit pratiquement en autarcie. Les habitants cultivent le riz et quelques légumes, cueillent les mangues, élèvent des chèvres et des cochons et vont à la pêche dans les bolongs.
Du fait de son isolement, ce village Diola a conservé intact ses coutumes animistes
(l'âme est indépendante du corps). Ils s'adressent à leur Dieu par l'intermédiaire

      des ancêtres, mais aussi des génies. Ils les consultent pour toutes sortes de problèmes (santé, éducation, stérilité, etc...) La petite case sur la photo du centre est en fait la case sacrée des génies.   

Ce soir, nous nous arrêtons au campement villageois d'Enanpore, célèbre pour ses cases à impluvium. En Diola, impluvium

     

signifie "là où tombe l'eau". C'est une case circulaire d'habitat collectif dont le toit en pente vers l'intérieur, délimite un puits de lumière. A la saison des pluies, cela permet de collecter de l'eau et aux enfants de se baigner en toute sécurité. A l'intérieur, pas grand chose à part le lit posé sur un plancher de bois, la cuisine se faisant souvent à l'extérieur sur un feu de bois.

Sur la route (toujours défoncée) qui mène au Cap-Skirring, nous faisons un détour pour nous rendre à M'lomp, gros village avec ces nombreuses écoles, ses deux collèges et son lycée, mais sans eau, sans électricité, ni téléphone !!!
Sur la place du village, sous les froma- gers géants aux racines étonnantes, nous visitons le "musée" des traditions Diolas, une initiative d'un villageois, Jules Sambou, qui nous explique les rites du Kalgnalen, rite qui permet de s'assurer la protection des génies des bois sacrés et de se réconcilier avec les esprits.

Lorsque nous lui suggérons qu'il devrait demander à un gamin de nettoyer les déchets alentours, il nous répond que c'est impossible, car dans le "code" Diola on ne peut pas donner d'ordres à quelqu'un sans s'attirer les foudres des  ancêtres. Il  dit donc qu'il va s'en occuper lui-même, mais qu'il faut qu'il réfléchisse !!! ce qui vaut dire en clair, que ce n'est pas prêt d'être fait, alors qu'avec une brouette il doit bien y en avoir pour une heure !.
Nous rendons ensuite visite aux Soeurs Juliette et Bernadette qui apprennent aux filles et aux jeunes femmes, la couture, la broderie, la teinture (batik), afin de faire un peu d'artisanat pour gagner quelque argent et freiner ainsi l'exode rural. Sans ça, ces jeunes femmes souvent mères célibataires (chez les Diola, avoir un enfant est une reconnaissance) n'hésitent pas à partir à Dakar pour gagner de l'argent en laissant leur(s) enfant(s) à la garde des anciens du village, ce qui n'est pas sans poser d'autres problèmes.

Bien que l'association fonctionne correctement, elle manque de moyens, car suite aux troubles des années 90 en Casamance, le tourisme est encore balbutiant. L'association Koukangoume tél 04 79 61 12 31 à Aix les Bains accepte toute aide.

Heureusement, depuis trois années environ, les indépendantistes ont déposé les armes et le calme règne sous le contrôle permanent des militaires,  mitraillettes  en bandoulières.

Malgré tout, une partie de la population (surtout le long de la frontière Guinéenne) n'a toujours pas pu rejoindre leurs villages,  le déminage n'ayant toujours pas été effectué.

Vendredi 25 novembre                           
Ca commence à être "lassant" tous ces bivouacs de rêve sous les cocotiers. Enfin bon, y à pire ! ! !


    

Baignade, bronzage et lectures sont nos principales occupations.

A part quelques jeunes qui viennent discuter avec nous, tout est calme et reposant. Ils ont bien souvent quelque chose à vendre ou à demander, mais toujours de manière polie et déguisée. Ca commence toujours par : bonjour, comment tu t'appelles, les vacances ça va ?.....Après, il y a des variantes ; je ne peux pas jouer au foot (sport national) car le ballon a été écrasé par un camion ; je ne peux pas aller à l'école parce que j'ai mal aux dents (ils revendent les médicaments) ; je n'ai pas mangé depuis hier ; je ne vais pas à l'école car le maître m'a mis dehors parce que je n'ai pas pu acheter les livres ; enfin de toutes façons, ce serait bien qu'on les aide car disent-ils, les blancs sont sympas et les aident toujours. Il y a même des gamins qui font semblant de boucher les trous sur la route pour qu'on leur donne de l'argent en remerciement. Nous ne donnons jamais rien (sauf un fruit lorsque nous sommes en train de manger par exemple), sinon ils passeraient leur temps à "mendier" au lieu d'aller à l'école. Si nous avons des choses à donner, nous les donnons soit au dispensaire, soit au maître d'école. Cela n'empêche pas Claude de soigner des gens malades (petits bobos) quand elle le peut.

Après 4 jours passés à Cap-Skirring, la côte d'Azur de la Casamance, avec ses hôtels, ses pensions et ses luxueuses villas occupées par des blancs, nous nous dirigeons vers le Parc National du Niokolo-koba aux confins de la Guinée.

En chemin nous rencontrons de nombreux babouins qui s'enfoncent dans la savane à notre approche. La route est parsemée de villages de cases sur le toit desquelles poussent des calebasses.
Ces calebasses, une fois mûres deviennent dures comme du bois et servent aussi bien de plats que de récipients pour la cuisine, mais aussi de louches pour les plus petites

Bien sûr, le plastique a quelques fois remplacé la calebasse. (photo ci-contre)                                                                                                           


Arrivés en fin d'après midi à Dar-Salam, village où se trouve l'entrée du parc de Niokolo-koba, nous faisons la connaissance de Diala qui sera notre guide. Il nous invite à bivouaquer dans son village de cases. Pas évident de se faufiler avec notre "case mobile" au milieu des leurs (pas mobiles), alors que les sentiers ne sont utilisés que par des piétons...

Comme souvent, nous sommes accueillis par de "trop" nombreux enfants.

Diala qui n'a que 20 ans nous dit pourtant qu'il est difficile de se marier, car pour cela il faut donner 300 000 Frs Cfa (500 €) et 3 boeufs à la famille de l'heureuse élue.



Dimanche 27 novembre
Il y a bien longtemps que nous ne nous étions pas levés de si bonne heure !!! Ce matin lever 6 heures pour arriver à l'ouverture du parc. Il parait que tôt le matin avant les grandes chaleurs, nous avons plus de chance de voir les animaux. 

                                                                                                      

A part quelques phacochères, antilopes, hyènes, singes verts et babouins craintifs, nous ne verrons pas  grand chose malgré les 100 km de piste que nous avons parcourue dans le parc.


De plus, la RN 7 traverse le parc sur plus de 100 km et en roulant doucement, on peut voir la même chose.
Peut-être que beaucoup plus tard dans la saison, lorsque les hautes herbes, suffisamment sèches ont été brûlées par les gardiens  et que les points d'eau se raréfient, c'est différent ???


Ce soir, étant à Mako, à la périphérie du parc et proche de la frontière Guinéenne, nous nous arrêtons au campement touristique " village de Badian" afin d'éviter que les gardes ou les douaniers nous confondent avec des braconniers, car ici, pas de quartier !!
Agréable petit "village" de cases sous les arbres au bord du fleuve Gambie.
Accueil sympathique, coût 6 € pour 2 nuits.

Mardi 29 novembre.
 
De Kédougou, nous prenons la piste en direction de Bandafassi, puis Ségou, dernier village avant la frontière Guinéenne. Dès la sortie de Ségou, nous attaquons une montée avec des marches et d'énormes ornières. (nous apprendrons plus tard que seul des camions Berliet 6x6 utilisent cette piste). Bien que je roule au pas  en  première courte et que Claude guide "mes pas", la case mobile est bien souvent sur 3 roues.
Cent mètres plus loin nous sommes posés sur le pont  et  je ne peux plus ni avancer ni reculer.



J'essaye de gonfler  les pneus au maxi  pour dégager le pont, d'alléger le véhicule, mais rien n'y fait.

 Seule solution, soulever le 4x4 avec le cric gonflable et caler sous les roues. Ensuite mon copilote doit marcher  devant le véhicule pour me guider et mettre des pierres dans les plus gros trous. Il nous faudra une heure pour faire un kilomètre.  Ca touche un peu mais ça passe.

Lorsque nous arrivons à la douane Guinéenne (nous pensions être à celle du Sénégal) ils nous disent que plus loin c'est encore pire ! ! !  Si nous sommes en Guinée, c'est que nous avons raté la douane Sénégalaise, elle devait se trouver à Kédougou à 50 km d'ici, mais les douaniers Guinéens n'y voient que du feu et nous tamponnent nos "laissez-passer" sans problème. Ils nous réclament 5 € pour leur travail, mais comme d'habitude nous refusons et en un quart d'heure les formalités sont expédiées. Ils nous demandent seulement de nous arrêter au village de Mali à 70 km d'ici pour faire les formalités de police.

Portraits

     

METEO : environ 35° la journée, humide sur la côte et sec à l'intérieur du pays, 18 à 20° la nuit, océan à 28°.
Peu de vent, très beau temps et aucune goutte de pluie.

ARGENT: distributeurs automatiques VISA dans toutes les grandes villes.
change: 100 francs CFA = 1 franc français = 0,15 € ( CFA = colonies françaises autonomes) ; 
Dépenses totales au Sénégal : 850 €
Quelques prix : camping : de 3 à 8 €,  GO : O,85 € le litre, 1 kg de banane : O,80 €, pain : 0,20 €, pastis : 5 €
canette : O,60 €, 6 oeufs : O,80 €. Repas dans petit resto : de 3 à 8 €.  Salaire d'un gardien : 70 € logé. 
Parc du Niokolo-koba : 7,5 € pour la voiture + 3 € pour 2 personnes + 9 € pour le guide.

INTERNET : de 0,50 € à 1,20 € de l'heure. Disponible dans toutes les villes moyennes. Fonctionne très mal à Kaolac.

SANTE : RAS (quelques piqûres de moustiques et de mouches tsé-tsé ).

MECANIQUE : Seulement nettoyage du filtre à air, purge du filtre à GO.

BIVOUACS : libres : 21 nuits     Campements et amis : 10 nuits. Ici il n'y a pas de camping, mais des campements qui sont souvent des villages de cases où l'on peut soit camper, soit loger dans des cases. Ils n'ont en général ni eau ni électricité
(sauf St-Louis). Pour la douche, c'est souvent un seau avec l'eau du puits.

Quelques bivouacs agréables :
A St-Louis : sur la Langue de Barbarie sous les palmiers entre fleuve et océan : N 15 58 870  W 16 30 670. Eau au port désaffecté le long du fleuve : N 15 59 493   W 16 30 556
Lac rose : au campement N'doye juste en face du lac (derrière une grosse caravane) sommaire (piscine en construction)
prix de départ 15 € négocié 5 €.
Saly (juste avant), bord de plage :  N 14 26 883   W17 01 990
M'lomp sur la place sous les gros fromagers : N 12 33 339    W 16 35 246
Cap-Skirring sur la plage sous les cocotiers devant un hôtel désafecté (vous avez même les gardiens). Prendre la route goudronnée à droite du Club Med, prendre la plage sur 300 m :  N 12 23 487   W16 45 107

LES MOINS : policiers et gendarmes pénibles autour de St-Louis, ailleurs pas de problème. Les enfants et les ados qui réclament facilement, gentiment mais sûrement. Il est rare que l'on soit accosté sans arrière pensée. (il faut dire qu'ils ont tellement l'habitude que les associations donnent tout!! ). Les goudrons pleins de trous, la piste défoncée avant la Guinée.

LES PLUS : l'accueil des Sénégalais, la sécurité (nous ne sommes pas allés à Dakar), la tranquillité. Toujours prêts à rendre service. L'accueil de Badou, Christine à M'boro, de Christian à N'dangane. Les Sénégalaises toujours très bien habillées.     Les jolis petits villages de cases, St-Louis, Cap-skirring.

Au Sénégal, on se croirait encore un peu au temps des colonies. De nombreux blancs qui vivent ici sont retraités, coopérants, responsables d'ONG, directeurs de campements ou de sociétés. La plupart habitent de belles villas et roulent en 4x4 et emploient ; chauffeurs, gardiens, jardiniers, (on ne dit plus boys) ou fatous (cuisinières/ménagères). Même si les noirs pensent que les blancs sont ceux qui ont la science, la culture et l'argent parce qu'ils sont instruits et intelligents et que grâce à eux il y a des emplois, ils n'en sont pas moins envieux. Lorsqu'ils voient notre véhicule aménagé avec eau, frigo, lit coulissant, etc, ils n'en reviennent pas et disent toujours : vous les toubabs vous êtes intelligents et o r g a n i s é s .
Une chose est sûre, c' est qu'ils veulent bien tous venir en France .      

                                                                   Le voyage se poursuit en Guinée