CHILI/ ARGENTINE
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Population Chili : 17 000 000
Superficie : 756 000 Km2 , 1,4 fois la France (4000 kms de côte)
Capitale : Santiago
Langue : Espagnol
Religion : Catholique
Monnaie : Pesos Chilien $c
Mercredi 24 décembre 2008
Nous reprenons la route vers le nord ; le soleil est à peine voilé, la température clémente, mais le vent souffle avec une force inouïe. Même en se cramponnant au volant, le véhicule fait des embardées spectaculaires.
Nous sommes en Argentine :
Quarante
kilomètres après Rio Grande, un camping-car
4x4 Master qui ne nous est pas inconnu, (il
a appartenu à un ami d’Annecy) est en panne
sur le bas côté de la route. Il appartient
maintenant à la famille Cuisinier qui voyage
autour du monde. Nous les emmenons jusqu’à
Rio Grande pour trouver une dépanneuse ;
mais un soir de réveillon, impossible.
Heureusement, le patron d’un supermarché,
sympa, se propose de les remorquer avec son
camion. Ils n’étaient pas réjouit à l’idée
de passer le réveillon au bord de la
nationale ! Les voilà soulagés.
Avec tout ça, nous avons « perdu » beaucoup de temps et nous réveillonnerons dans la pampa à côté de guanacos bien surpris de notre visite.
Nous sommes en Chili :
Une journée à Punta Arénas nous suffit largement pour visiter la ville ; point de vue du mirador, la statue de Magellan sur la place centrale et visite de la zone franche où les prix ne nous paraissent pas spécialement attractifs.
Samedi 27 décembre 2008
Puerto Natales est un petit port chilien du bout du monde aux maisons de bois colorée
Située au bord de la mer, mais séparée du Pacifique par des milliers d’îles, la ville fait face aux Andes de Patagonie et bénéficie de 18 heures de lumière en été.
C’est ici qu’en 1895 furent retrouvés presque intacts les restes d’un animal préhistorique baptisé le milodon qui vivait la il y a plus de 10 000 ans.
Mais Puerto Natales est avant tout le point de départ des excursions vers le Parc National de Torres del Paine, l’un des plus beaux du Chili.
Malgré un vent violent qui nous oblige à marcher à moitié couché et le soleil qui joue à cache-cache avec les nuages, le temps reste sec et qui nous permet de faires les randonnées les plus intéressantes.
La diversité des paysages, forêts aux arbres tordus, montagnes aux pics élancés, lacs aux couleurs irréelles, cascades et glaciers d’un bleu intense nous laisseront des souvenirs inoubliables.
Au passage de la frontière Chili/Argentine de Cerro Castillo, le douanier décide de se référer à la date de sortie de Bolivie (juillet 2007) pour nous octroyer les 8 mois d’importation temporaire du véhicule. Après ce qui est arrivé à nos amis Berlivet, (voir carnet précédent) nous négocions fermement et arrivons obtenir partiellement gain de cause.
Nous sommes en Argentine :
Mecredi 31 décembre 2008
El Calafate, petite ville située au pied de la cordillère des Andes et du Lago Argentino est une ville étape pour visiter le parc des Glaciers. Au camping, nous rencontrons un couple de retraités Chambériens qui voyage en Land Rover.
Entre 11 heures et minuit, les pétards et les feux d’artifice fusent de toute part pour fêter la nouvelle année.
Tout le long de la ruta 40, de El Calafate à San Carlos de Bariloche, le prix du Diesel est majoré pour les étrangers, 3,35 pesos au lieu de 2,14 ! Heureusement qu’on arrive à s’arranger quelques fois.
Le Perito Moreno est le plus spectaculaire des glaciers Andins. Véritable monstre de 15 kms de long sur 5 de large, il atteint 60 mètres au dessus du lac dans lequel il vient se fracasser. Il grince, il craque, il gronde et de nombreux pans de glace s’effondrent avec fracas. Depuis le bateau qui s’avance vers la muraille, la hauteur paraît encore plus impressionnante.
Samedi 3 janvier 2009
Sur la route qui nous conduit à El Chalten, vue magnifique sur le « campo de hielo sur » champ de glace du sud et sur le Fitz Roy (3405 m), vaincu pour la première fois en 1952 par Lionel Terray.
En
arrivant au village, nous retrouvons
Fred et
Anne et un couple des Canadiens bien sympa.http://louise-zibeline.blogspot.com/
Ce soir le camping-car est un peu surchargé, mais c’est pour la bonne cause. El Chalten est avant tout un petit village posé au cœur des Andes surtout visité par les amateurs d’andinisme c’est la capitale du trekking Argentin.
Le camping est nature et le bain se prend dans le Rio Roy qui descend des glaciers ; brrr...
Malgré un ciel nuageux et un vent souvent violent, nous réalisons les treks de Laguna Torre, Laguna Capri, Poincenot, puis au départ du Lago del Desierto nous rejoignons laguna Huemul. Forêts, glaciers, lacs, cascades sont un émerveillement.
Jeudi 8 janvier 2009
Pour Anne, c’est aujourd’hui que les vacances se terminent ; un bus d’El Chalten pour El Calafate puis envol pour la France.
Nous prenons la mythique ruta 40 qui, sur plus de 4500 kilomètres, traverse l’Argentine du sud au nord (le contraire si vous voulez !).
Cette piste caillouteuse et poussiéreuse traverse une steppe quasiment désertique troublée par une poignée d’estancias très isolées. D’ailleurs, avec le recul, on se dit qu’on aurait dû faire quelques courses avant de partir, même si El Chalten n’est pas la Mecque du commerce.
A Bajo Caracoles nous empruntons les rutas 39 puis 41, poussiéreuses et désertes, pour rejoindre Los Antigos sur les rives du lago Buenos Aires, le deuxième plus grand lac d’Amérique du Sud. Beau temps, bivouacs auprès des flamands roses et des chevaux sauvages, itinéraire superbe au milieu des Andes, des lacs bleu émeraude, des montagnes colorées et déchiquetées.
A notre arrivée à Los Antigos, c'est la fête nationale de la cerise, immense kermesse avec son marché artisanal, ses manèges d’une autre époque et son inévitable rodéo. Il y a tellement de monde que dans l’immense camping municipal, les gens sont serrés comme des sardines et les autres campent au bord des routes, sur la place municipale, dans les jardins particuliers, enfin partout où il y a de la place.
Nous sommes au Chili : Dimanche 11 janvier 2008
Au passage de la frontière, contrôle sanitaire « serré », (on nous avait bien dit que les nanas étaient plus mauvaises que les mecs), elles trouvent deux oignons et quelques pruneaux secs ; s’en suit acte de dénonciation, acte de citation et acte de destruction ! Bon, avant qu’ils nous retrouvent avec comme toute adresse « France » !
Le petit village frontière de Chile Chico est beaucoup plus calme que Los Antigos.
Notre intention est de remonter la Carretera Austral Chilienne, mais je m’aperçois que la fuite de boite s’est aggravée et renseignement pris, il n’y pas de pièces Fiat au Chili ; nous décidons donc de refaire le niveau et de retourner en Argentine.
Nous retournons en Argentine : Lundi 12 janvier 2008
Direction Trelew à 800 kms plus loin pour nouveau démontage de la boite de vitesse. A notre arrivée, l’atelier de Mario est surbooké et nous retournons à la playa Union, à 30 kilomètres de Trelew, en attendant notre rendez-vous de lundi.
Il
fait beau et chaud, mais le vent violent
qui démonte la mer
et lève des tempêtes de
sable nous empêche de nous baigner tous les
jours et dès que le vent cesse, le soleil
brule tellement que nous sommes obligés de
rentrer aux abris. Nous tuons le temps en
allant voir les bateaux de
pêche qui rentrent au port et les mouettes
qui essayent de voler le poisson que les
lions de mer ont pêché.
Lundi 19 janvier 2008
Nous avons pris une chambre dans une petite pension et faisons la navette tous les jours avec la moto. Le démontage a commencé et nous attendons des pièces, mais de toute façon, ils ne comprennent pas trop comment résoudre notre fuite d’huile et en plus ils sont têtus et ne veulent pas tenir compte de mes remarques !.
La semaine dernière, il a fait très chaud à Trelew, jusqu’à 41° dans l’après midi et encore 32° à 10 heures du soir ; aussi décidons nous de passer le week-end en camping à la plage. Avec la tente, les matelas et la dinette, nous sommes un peu chargés, mais il n’y a qu’une trentaine de kilomètre pour rejoindre playa Union.
Dès samedi après-midi, après le passage d’une mini tornade, il a fallu haubaner la tente et la température est brusquement descendue. Avec la fraicheur, le matelas pneumatique qui était percé et nos voisins qui ont fait la fête jusqu’à 4 heures du matin, la nuit a été froide , inconfortable et agitée !
Il va falloir que nous relisions le manuel du parfait campeur !
Nous rencontrons deux français qui font le tour du monde en vélo. Maxime http://www.maxvelomonde.net a déjà traversé les pays Scandinaves, la Russie, la Mongolie et l’Australie et pense continuer vers l’Amérique du Nor
Dimanche, alors que le vent s’est calmé, Patrick vient nous rejoindre en bus et nous profitons de la plage et des vagues.
L’après-midi, match de rugby
sur la plage, où les spectateurs sont plus
nombreux à regarder
les spectatrices, que les joueurs.
Ce soir nous accompagnons Patrick à la gare routière où un bus « cama » (couchette) l’attend pour l’emmener à Puerto Mount au Chili, puis Castro sur l’île de Chiloé et enfin Santiago et son vol pour la France. Près de 3200 kilomètres !
Pour nous, l’attente continue, le nouveau joint spi est arrivé et le remontage a commencé….mais je doute un peu du résultat !
Jeudi 29 janvier 2009
19 heures, la boite est remontée, mais on a perdu la marche arrière ! Après un peu de bricolage, ils la retrouvent ! On part donc passer le week-end à la plage pour essais, malheureusement on s’aperçoit bien vite que la fuite d’huile est toujours là et qu’en plus, à force de rouler avec moins d’huile les syncros de 3ième du réducteur sont foutus. Lundi retour à la case départ !
En
attendant, pendant que Claude fait
son
patch, moi je bricole et
les pêcheurs du dimanche
ont envahi les quais.
Nous venons de recevoir un email de Patrick qui s’est fait voler papiers, passeport et argent dans une gare routière, mais grâce à la gentillesse de gens, il peut continuer son voyage normalement jusqu’à Santiago où son avion l’attend.
Vendredi 6 février 2009
Suite du feuilleton ! Cette semaine, ça a quand même un bien avancé (la mécanique, pas le camping-car).
Après avoir eut quelques précisions sur le forum Dangel ainsi qu’au SAV de l’usine, j’ai fini par réussir à convaincre les mécanos (qui me soutenaient le contraire) que le jeu dans l’arbre moteur n’était pas normal. Rectification de l’arbre, usinage de bagues, changement des syncros, de l’embrayage qui était gras …
Alors que nous avons rendez-vous sur le parking du supermarché de Trelew avec Pierre et Louise, nos amis Canadiens, nous tombons par hasard sur la famille Lesergent avec qui nous avions sympathisé à Ushuaia. Rendez vous est pris pour un BBQ, et c’est en bus (le camping-car étant toujours au garage) que nous les rejoignons à Dolovan (30 kms de Trelew) où ils passent le week-end.
Lundi 9 février 2009, nous voilà repartis pour de nouvelles aventures.
Pas pour longtemps. Il faut bien se rendre à l’évidence, la fuite persiste ; et pourtant, cette fois ci, on y croyait. Nous sommes abattus, nous n’avons plus de solution. Faut-il changer de mécano, envoyer la boite en France, ou rentrer tout simplement ! De toute façon, il faut retourner chez le mécano car la moitié des vitesses passent difficilement, ils ont oublié des boulons sur la boite transfert et le soufflet de transmission arrière est mal serré ! En attendant, Claude a trouvé une nouvelle occupation, la broderie MOLA
Après discussion, nous décidons de redémonter une dernière fois et de faire tourner la boite pleine d’huile sur l’établi comme Maurice et moi l’avions suggéré la dernière fois. Sauvés - il y a un mini trou dans le carter de la boite ; probablement dû aux morceaux de pignon de compteur qui s’y baladent depuis 3 mois. Une petite soudure et le tour est joué… Ouf.
Samedi 14 février 2009
Cette fois, ça fonctionne. Nous pensions reprendre la direction du Chili pour continuer notre voyage, mais suite à des problèmes familiaux nous préférons rentrer en France rapidement pour quelques semaines.
Nous remontons à Buenos Aires où un stationnement sur attend notre camping-car.
Sur
la route, nous faisons une halte à Las
Grutas où la plage est bondée
jusqu’à la nuit. C’est la première fois que
nous voyons un panneau
d’interdiction de stationner aux
camping-cars, pourvu qu’il ne fasse pas
école ! Malgré tout aucun problème pour
s’arrêter le long de la plage quelques
dizaines de mètres plus loin.
On préfère quand même s’arrêter plus longuement à la plage d’El Condor plus vaste et beaucoup plus calme.
Comme ça fait déjà quelques jours que nous n’avons plus fait de mécanique et nous sommes déjà en manque, aussi profitons nous de notre passage à Viedma pour remettre les mains dans le cambouis ! Toute l’équipe Fiat, fort sympathique intervient rapidement sur les mauvais montages des « bricoleurs » de Trelew.
Bon, maintenant ça devrait aller, j’ai mon mécanicien Fiat personnel !
Dans la Sierra de la Ventana où des sommets atteignent 1200 m, les nuits sont plus agréables. Ici les rails ont disparu mais les wagons sont restés.
RETOUR EN FRANCE du 24 février au 24 avril 2009 pour raisons familiales, le 28 mars, j'ai perdu mon Papa (Claude)
vendredi 24 avril 2009 Genève – Frankfurt – Buenos Aires, après 17 heures de voyage (dont 15 h 30 de vols), nous retrouvons Fred et Anne au Club Aleman de Gym où nous avions stationné notre camping-car.
Ce week-end, nous assistons à un rassemblement de vieilles autos. C’est vrai que nous sommes admiratifs, mais une 2 cv à 3 roues, on n’avait jamais vu ça !
Mardi 28 avril 2009 Alors que Fred et Anne rentrent en France pour quelques mois, nous reprenons la route vers le nord ouest de l’Argentine pour rejoindre ensuite le Chili, le Pérou, l’Equateur et la Colombie..
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Nous retrouvons le camping de Rosario (Baigoria), toujours aussi calme, longeons d’immenses champs de canne à sucre et de soja (transgénique bien sûr) sur des centaines de kilomètres, et arrivons à Tafi del valle à 2000 m d’altitude. Nous bivouaquons quelques jours au bord du petit lac envahi par les pêcheurs du dimanche.
A quelques enjambées, se trouve le « parque de Los Menhires ». C’est menhirs, de 1 à 3 m de hauteur, pourraient être des éléments d’un culte solaire.
En continuant vers Cafayate, on entre dans une verte vallée dont les flans sont plantés de cactus aux dimensions impressionnantes.
Dans cet amphithéâtre naturel, aux alentours
de l’an 1000, les Indiens Quilmes
bâtirent leur ville en étage le long de la
colline. Plus tard, lorsque les Espagnols
voulurent les chasser, ils se battirent
comme des acharnés ; mais en 1666, vaincus,
ils furent déportés à plus de mille
kilomètres de la pour bâtir la ville de
Buenos Aires.
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A Cafayate, commence le domaine des vins argentins avec ses chaix, tonneaux et pressoirs. C’est la région des torrontés et chardonnay, probablement les meilleurs blancs du pays.
Lorsque nous arrivons au camping de Salta,
nous pouvons enfin gouter les vins du pays
en compagnie d’un petit groupe de
voyageurs français.
Les plus jeunes, mais aussi les plus courageux qui font l’Amérique du Sud en vélo, les Thille qui voyagent autour du monde à bord de leur Pinzgauer 6x6, les Cousinier et leurs enfants en route pour 4 années.
Mardi 5 mai 2009
Mais si nous sommes venus si rapidement à
Salta, c’est que nos ennuis de boite de
vitesse
se poursuivent. Les mécanos de Trelew, d’une incompétence to
tale, n’ont pas
voulu remonter les rondelles frein, résultat
: on a perdu l’huile sur la route, cassé un
roulement à bille et un engrenage ! !
Ayant
aucune confiance dans les mécanos locaux, je
préfère m’y mettre moi-même. Après 2 jours
de travail intensif et l’incertitude quand
au résultat, la
réparation est terminée.
Momentanément seulement, car il faudra que
je redémonte cet automne, lorsque nous
aurons ramené le pignon endommagé de France.
En attendant un câble commandé chez Fiat, nous partons faire une boucle dans les quebradas, (vallées étroites) environnantes. Arrivés au village de la Merced, nous sommes intrigués par le passage de nombreux gauchos endimanchés. En quittant la route principale, nous arrivons devant une petite église où se déroule une bénédiction en l'honneur du saint patron des gauchos, suivi d'une procession.
Nous continuons notre route dans la quebrada de Las Conchas, sorte de Vallée de la Mort digne des meilleurs westerns où les vents et les eaux ont façonné des formes tourmentées dans les montagnes aux couleurs ocres. Les formations les plus remarquables ont reçu des noms évocateurs comme la Casa de Loros (perroquets), et El Obelisco, Los castillos ou encore la Garganta del Diablo, immense faille ravinée durant des millénaires.
Peu avant
Cafayate, nous bifurquons dans une petite
gorge tranquille
afin d'y passer la nuit à
l'abri des regards et du bruit ! Mais voilà
qu'en fin d'après-midi, arrivent
quatre camping-cars et une
caravane, huit adultes et dix enfants !
C'était sans compter sans ces maudits
français (terme canadien) qui sont si
nombreux dans ce pays. On est encore
bons pour l'apéro autour du feu de camp.
En fait, ce ne sont que des retrouvailles,
nous nous étions déjà rencontrés à Ushuaia.
Nous continuons notre route, ou plutôt une piste qui grimpe tranquillement dans les vallées de Calchaquies, superbes formations rocheuses pareilles à d'énormes pointes préhistoriques sorties de terre, des vallées couvertes de cactus géants d'où émerge des petits villages rassemblés autour de leur église en adobe où Claude achète le pain fraichement sorti du four.
A 2200 m d'altitude, Cachi a du cachet. Grace à son isolement, le village a conservé son authenticité coloniale, ses maisons basses et son calme.
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Après un col à 3350 m d'altitude, la piste, étroite et sinueuse redescend dans la vallée.
Retour à Salta. Le garage Fiat s'étant mélangé les pinceaux dans la commande de notre pièce, nous voilà bloqués pour quelques jours. Enfin pas de regrets, nous avons rencontré d'autres voyageurs, le ciel est bouché et il faut que nous trouvions une assurance pour continuer le voyage.
Mercredi 20 mai 2009
Ca
y est, on a enfin notre assurance pour
le
Chili et le Pérou (v
oir pages pratiques), on
va pouvoir avancer. Faut dire qu'on
commençait à s'enraciner sérieusement au
camping de Salta, mais ça
nous a permis de régler un tas
de petits problèmes avec la France par
Internet.
On emprunte la ruta 51, qui se transforme en piste un peu plus loin. Le parcours suit la magnifique quebrada del Toro (taureau) plantée de milliers de cactus jusqu'à 4000 m d'altitude.
C'est dans cette même vallée que serpente le
Tren de las Nubes, le train des nuages, qui
grimpe inexorablement jusqu'au ciel. De la
piste, on aperçoit d'ailleurs parfaitement
les gares, les
ponts, les tunnels et les mines
qu'il desservait.
Nous voulions continuer vers Tolar Grande et Socompa à la frontière chilienne, mais la gendarmerie de San Antonio de los Cobres vient de nous avertir qu'il n'y a pas de douane dans ce village et que nous devons passer par le Passo de Sico.
Nous bivouaquons en bordure
de la Salina del Rincon à
3750 m d'altitude
où quelques pauvres erres exploitent
le sel. La nuit a été fraiche (-8°
dehors, +2° dedans) et en plus nous avons
mal dormi à cause du mal des montagnes ;
fatigue et mal de tête. Peut être aurions
nous dû faire une étape vers 2500 m pour
nous acclimater !
CHILI Vendredi 22 mai 2009
Après le poste de douane Argentine, (la douane chilienne est à San Pedro) la piste, tantôt roulante, tantôt fortement ondulée, continue à grimper jusqu'à 4600 m.
Mais l'effort est bientôt récompensé par des paysages sublimes ; montagnes qui passent du brun au blanc sous un ciel azur, salars bleus lagon, vigognes sauvages qui s'enfuient au moindre bruit et les lagunas Miscanti-Miniques qui se lovent au pied des volcans.
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Le
Laskar, volcan actif,
a connu sa dernière éruption en 2000 et
laisse toujours échapper un petit panache.
Nous voici maintenant aux portes du désert d'Atacama. Geyser, dunes de sable, lagunes et petites oasis surgissent au milieu de paysages lunaires.
Le Salar d'Atacama, immense dépression saline est le plus grand du Chili. Au milieu des croûtes de sel tourmentées, la laguna Cejas avec en toile de fond des volcans, dont le Licancabur (5950 m), au cône presque parfait. Dans cette eau tempérée et saturée de sel, même les mauvais nageurs n'ont aucune chance de se noyer !
Le petit village de San Pedro d'Atacama est le passage obligé de tous les voyageurs et ce n'est pas par hasard si nous y croisons de nombreux français déjà rencontrés sur les routes.
Dans cette région, sans pollution où les nuits sont claires plus de 330 jours par an, l'endroit est idéal pour observer la voûte céleste. C'est en compagnie de l'astrologue français Alain Maury et ses télescopes géants que nous observons nébuleuses, constellations et planètes, dont la plus remarquable est Saturne avec ses anneaux.
Passé la région de San Pedro, le désert d'Atacama, l'un des plus aride du monde n'est pas un beau désert. Juste un paysage de sable-cailloux-terre d'où émerge quelques collines (dont les plus hautes fond tout de même plus de 3000 m) et dont les seules plantations persistantes sont les pylônes électriques. Il faut dire qu'avec plus de 2 années sans pluie, pas un seul brin d'herbe n'ose pointer le bout du nez !
Mais pour les chiliens, c'est un bon désert puisqu'il recèle de nombreuses mines de salpêtre, de borax , mais surtout de cuivre, dont le Chili est le 1er producteur mondial.
Près de Calama, la mine de Chuqui est la plus grande mine à ciel ouvert du monde ; un de 4,7 km x 3 km x 1 km de profondeur, 20 000 employés, des camions de 8 mètres de large qui pèsent jusqu'à 700 tonnes en charge (à 3 millions d'euro le morceau) et des pneus de plus de 3 m de haut.
Le travailleur du dimanche paraît bien petit à côté de ces monstres !
Aujourd'hui, la ville minière de Chuquicamata, construite trop près des mines est une ville fantôme ; les problèmes dus à la pollution et les envies expansionnistes de la mine ont contraint toute la population à émigrer à Calama.
Avec ses maisons défendues par des grilles acérées, ses nombreux vigies armés et les papiers qui volent au vent, la ville de Calama, paumée au milieu du désert, n'a rien pour retenir le voyageur. Aussi, prenons nous rapidement la route vers le pacifique.
La petite ville minière (nitrate) de Tocopilla sur la côte pacifique, mérite bien une petite visite pour ses bâtiments en bois au charme désuet du début du XXe siècle.
Sur la ruta 1 qui mène à Iquique, les bivouacs sont nombreux le long des plages du pacifique.
Bien que la température le permette, les vagues qui déferlent rendent la baignade dangereuse, mais l'endroit est idéal pour admirer le balai des centaines de cormorans impériaux.
Pas étonnant qu'on roule beaucoup au Chili ; Iquique, à l'extrême nord du pays est à près de 5500 km de Puerto Williams le petit port austral chilien !
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Curieuse ville construite sur une étroite bande de terre, coincée entre le Pacifique, la falaise et la dune qui la grignote à petites bouchées.
Si
la place centrale et les
quelques avenues adjacentes sont bordées de
belles maisons coloniales qui témoignent de
l'âge d'or des mines de salpêtre, les
quartiers périphériques
sont construits de bric et de broc.
Des villes fantômes jalonnent la route désertique de l'altiplano. Ce sont les vestiges d'une industrie florissante qui exploitait l'or blanc de l'Atacama, le nitrate de soude (salpêtre).
La ville minière de Humberstone est l'une d'elles. Fondée en 1862, elle compta jusqu'à 5000 ouvriers, mais la découverte des engrais chimiques dans les années 60, entraina sa fermeture.
Sacré
Gustave, il a même exporté ses structures
métalliques jusqu'à l'extrême nord du Chili
pour construire la cathédrale
d'Arica !
Nous flânons dans les rues piétonnes et changeons nos derniers Pesos chiliens en Bolivianos afin de ne pas arriver "tous nus" en Bolivie, car le premier ATM risque bien de n'être qu'à La Paz.
Nous bivouaquons sur le parking de
la
marina, à 2 pas du centre ville et
avec la wifi par dessus le marché. Malgré
tout, la nuit a été mouvementée !
Au Chili (mais aussi en Argentine), les travailleurs ont souvent une grosse coupure entre 13 h et 17 h mais terminent tard le soir ; ce qui fait qu'ils commencent à faire la fête vers 11 h ou minuit jusqu'à des heures impossibles. Et la fête pour certains, c'est aller sur un parking tranquille (justement celui que nous avons choisi parce qu'il semblait tranquille), boire des bières, rigoler et mettre la musique à fond. Ensuite il a fallu se lever à 4 h du matin (6 h de décalage avec la France) pour régler quelques problèmes avec le téléphone wifi et on s'est dit chouette, on va pouvoir enfin dormir.
Et bien pas du tout, alors qu'habituellement personne ne bouge avant 10 h du mat, aujourd'hui il y a compétition de surf, et dès l'aube des hordes de jeunes s'y rendent en piaillant comme des oisillons. Tout ça pour vous dire que les voyages (dés)organisés c'est pas toujours ce qu'on croit !
Nous reprenons la ruta 11 en direction de la Bolivie, et ça grimpe dur, de 0 à 4650 m en 3 heures et les contenants n'apprécient pas trop, d'ailleurs le paquet de chips va exploser dans quelques minutes. Nous faisons quand même une halte vers 3000 m pour l'acclimatation, car le soroche guette
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A
haute altitude, la faune et la flore sont
étonnant
es. Entre 4 et 5000 m,
beaucoup de vigognes sauvages mais
aussi de grands troupeaux de lamas
et d'alpagas domestiqués
avec la laine desquels les Aymaras
fabriquent des
vêtements
artisanaux. Le Lago Chungara un des lacs les
plus haut du monde baigne les pieds du géant
Parinacota. Encapuchonné de
neige à longueur d'année, ce volcan au cône
parfait culmine à 6342 m.
A cette altitude, la flore est étonnante ; comme ces touffes d'herbe en cercle qui paraissent avoir été brulées ou encore cette mousse d'un vert vif qui rappelle un coussin, mais dont l'apparence est trompeuse car elle est dure comme le roc.
Les moins : Culture un peu trop proche de la nôtre, pas très dépaysant à ce niveau.
Les plus : Pas de problèmes de sécurité, bivouacs sauvages ou campings faciles, on trouve de tout partout, coût de la vie intéressant (un peu plus cher au Chili), population très accueillante, des paysages magnifiques.
Bilan Chili/Argentine : 106 jours de voyage, dépenses 3300 € dont 850 € en entretien véhicule.
Parcours de 8000 kms. Cumul depuis le départ : 34300 kms
Dimanche 7 juin 2009 le voyage se poursuit en Bolivie Pérou