République de PANAMA
Monnaie Balboa = dollars US
Capitale : Panama City
Superficie : 75 500 km2 soit 1/7 de la France
Population très jeune : 3 millions d'habitants
Religion : catholique Langue : espagnol
Climat chaud toute l'année
Mardi 16 mars 2010
Pendant que notre camping-car navigue sur un cargo en direction de Panama, nous naviguerons à bord du voilier "Dérobade", en compagnie d'Alain, son propriétaire-skipper.
Chacun à son poste, pendant que je relève l'ancre, Claude barre et le capitaine hisse les voiles avant de se mettre à la table à cartes.
Au départ de Carthagène, vers midi, le vent souffle fort et la mer est formée. Deux heures plus tard, lorsque nous q
uittons la baie, le vent force 5/6 et les vagues qui déferlent nous obligent à prendre trois ris dans la grand voile et mettre le petit foc.
Vers 18 h, on laisse les iles de Rosario à bâbord, et rapidement c'est la nuit noire, une nuit d'encre sans étoiles.
Le petit voilier taille vaillamment sa route dans une mer démontée. Dans ces conditions, cuisiner devient tout un art. La coque métallique amplifie le bruit des vagues et de l'ancre qui tapent sur le pont.
La gite importante et les vagues qui submergent le pont nous obligent à fermer tous les capots ; à l'intérieur, le bruit, la chaleur, l'humidité et la gite importante nous empêche de dormir. Au petit matin, la mer se calme, nous renvoyons de la toile ; personne à l'horizon, seuls quelques dauphins viennent nous saluer. Dans la nuit, alors que nous sommes sous pilote automatique, Alain (le capitaine) qui a une intuition monte sur le pont, bien lui en prend, il faut se dérouter pour éviter un immense cargo qui nous fonce dessus.
Nuit d'enfer, mais le bateau file à toute allure. Alain nous dira plus tard qu'il n'a jamais fait la route aussi rapidement !
Jeudi 18 mars 2010
Il ne reste plus qu'à trouver la passe pour entrer dans le lagon aux eaux turquoises de l'archipel des San Blas où des dizaines de voiliers mouillent à longueur d'année.
Les San Blas, ce sont environ 370 iles coralliennes couvertes de cocotiers, un paysage idyllique dont la beauté alimente nombre de fantasmes. Un voyage au cœur du paradis.
Mais ces petites iles de rêve cachent un trésor et inutile de creuser le sable pour le trouver. Une fois sur place, il suffit d'attendre quelques minutes pour le voir arriver.
C'est une pirogue taillée dans un tronc, à bord ce sont des Kunas. Lui à l'arrière, petit, manie la pagaie avec dextérité, elles à l'avant, encore plus petite et toujours souriante ont gardé leur costume traditionnel ornés de "molas" ces fameuses étoffes artisanales qu'elles viennent présenter à la vente.
Les indigènes Kunas (environ 50 000) vivent sur la côte et sur une quarantaine d'iles villages. Si les hommes sont généralement habillés à l'européenne, les femmes ont conservés leurs traditions vestimentaires. Elles portent des blouses au tissu coloré sur lesquelles sont cousues les extraordinaires "molas". Autour des avant- bras et des mollets, sont enroulés de longs chapelets de perles aux motifs géométriques.
Ils vivent traditionnellement de la culture (sur le continent), de la cueillette des noix de coco et du commerce des molas.
Les molas sont des pièces de tissu cousues suivant la technique de "'appliqué inversé" qui consiste à superposer plusieurs couches de tissus de couleurs différentes et à y découper le contour des motifs choisis. Seule la dernière couche n'est pas découpée car elle sert de support pour les minuscules ourlets de chaque découpe. Un travail de précision.
Pendant 3 jours nous ferons des escales de rêve dans les iles de Cayo Holandes, Porvenir et Chichime, toutes différentes mais toutes plus belles les unes que les autres. Au programme, promenade sur les iles, visite des artisans Kunas et plongées sur les massifs coralliens au milieu des poissons multicolores.
Je vous ai entouré Robinson, ça vous évitera de chercher vos lunettes !
Pendant ce temps là, Alain, notre capitaine qui n'aime pas l'eau (nous on trouve ça assez fort de naviguer 20 ans et d'habiter sur un bateau sans aimer l'eau !) se repose ou visite ses amis sur les voiliers voisins. Il semble bien que de Carthagène à Panama tous les "voileux " le connaisse.
Mardi 23 mars 2010
C'est la fin des vacances, nous jetons l'ancre dans la jolie baie fortifiée de Portobelo (joli port) et prenons le bus pour rejoindre le port de Colon où nous attend notre camping-car.
Après 4 heures de formalités (voir détails dans page pratique Panama), nous récupérons notre "sweet home".
Après une nuit à Portobelo, nous partons tous les trois à Panama City et c'est après un dernier repas et un petit pincement au cœur que nous laissons Alain repartir vers ses contrées lointaines ; je pense que nous étions devenus amis.
Samedi 27 mars 2010
Nous stationnons maintenant près du Balboa Yacht Club situé à l'embouchure du fameux canal, proche du pont des Amériques qui enjambe le canal et relie ainsi les 2 Amériques. Ici, c'est le passage incessant des plus gros pétroliers ou porte-conteneurs en provenance d'Asie ou de Chine.
Le canal français : suite à formidable réussite du Canal de Suez inauguré en 1869, son constructeur, Ferdinand de Lesseps, créé la "Compagnie Universelle du Canal Interocéanique". De 1882 à 1903, 17000 travailleurs remuent des millions de M3 de terre, construisent des ponts, des hôpitaux, des chemins de fer et de nombreux canaux. Mais le climat des jungles tropicales n'est pas celui de Suez, le sol s'éboule sous les pluies abondantes et la malaria et la fièvre jaune déciment les travailleurs, plus de 6300 tombes ont été creusées durant cette période.
En 1903, c'est l'inévitable faillite qui ruine des milliers de petits porteurs français et la reprise du projet par les Américains. Le canal sera enfin inauguré en 1914 et définitivement rétrocédé au Panama le 31 décembre 1999.
Lundi 29 mars 2010
Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Claude et on espère naviguer sur le canal .
Pour éviter de creuser trop profondément la partie centrale et montagneuse du canal, on monte 3 écluses au début du canal pour atteindre le lac Gatun et on en redescend 3 à la fin pour rejoindre l'Atlantique.
En nous promenant sur le port, nous avons rencontré Gustavo, un argentin qui souhaite passer le canal avec son voilier. Nous lui proposons notre aide (il faut être au minimum 4 équipiers plus le capitaine sur le bateau). Nous avons même recruté Yohan un routard savoyard qui passait par là. Le départ est programmé pour lundi matin 7h30.
Ce matin, dès la sortie de la marina, Gustavo est stressé et accumule connerie sur connerie. Dès 8 h, juste après avoir récupéré le "pilote", on doit retourner à quai pour trouver un 4ième équipier (ici tout le monde sait qu'il faut 4 équipiers pour traverser le canal, sauf Gustavo à priori!), coup de bol, il en trouve un rapidement (payant évidemment).
Nous entrons dans la première écluse de Miraflores à la suite d'un cargo et dans la panique, Gustavo "écorche" le motor-boat d'à côté! Lorsqu'il faut avancer dans la suivante, il casse sa clé de contact et le démarrage devient problématique, puis c'est l'hélice qui refuse d'embrayer! Avec le courant crée par les remous, le petit voilier va bientôt s'écraser contre la paroi!
On le retient à temps, mais c'en est trop, le pilote ordonne de faire demi tour. Résultat, Gustavo qui n'a pas un "rond", vient de perdre 1600$ (800 pour la traversée et autant pour la caution), et nous l'occasion d'une belle expérience.
Panama City sent le fric - les gratte-ciels poussent comme de champignons, les magasins de luxe emplissent les Malls commerciaux, les yachts s'entassent dans les marinas et les Mercedes, Porsche, Jaguars ou autres 4x4 rutilants pavanent sur le Causeway, seuls les bus respirent une autre époque.
Le Casco Viejo est l'un des plus beaux quartiers historiques d'Amérique centrale et l'architecture éclectique témoigne de son passé tourmenté. Longtemps laissé à l'abandon, de nombreux travaux de rénovation sont en cours.
On aurait du quitter la ville depuis longtemps, mais notre réfrigérateur est tombé en panne, et malgré une première réparation en milieu de semaine, il ne fonctionne pas comme il faut, et aujourd'hui, c'est vendredi Saint, tout est fermé.
En fin de journée, le propriétaire d'un gros catamaran vient nous proposer de passer le canal demain, mais demain, ce n'est pas possible, nous avons rendez-vous pour une seconde réparation. Décidément, le canal nous refuse!
En attendant, nous prenons la route qui longe le canal jusqu'à Gamboa. Dans la passe de Culebra, qui donna temps de mal à la compagnie française, les bateaux font la queue sous le pont du Centenaire. Lorsque les plus gros bateaux traversent les écluses de Miraflorès, il ne reste que quelques centimètres de chaque côté.
Nous avons repris la route, accompagné de Yohann, notre routard savoyard. Nous rejoignons El Valle de Anton, un gros village touristique de montagne (700 m) situé dans l'ancien cratère d'un volcan.
Tous les dimanches se tient un intéressant marché artisanal, et Claude ne résiste pas à l'achat de nouveaux "molas".
Profitant de la relative fraicheur des montagnes (25°), nous faisons un trek qui nous conduit à la "Piedra pintada" et poursuivons vers la "India dormida" (l'indienne qui dort).
Au retour, bain agréable dans une cascade.
Dès 10 heures du matin, à plus de 100 km de la capitale, c'est déjà les bouchons de retour des vacances de la semaine sainte.
De nombreux panaméens ont des résidences secondaires ou partent à l'hôtel. Pour nous, dans le sens des départs, c'est tranquille.
Nous rejoignons la côte Pacifique et faisons la tournée des plages. Santa Clara et ses cabanas, El Arenal et ses pêcheurs, Venado et ses surfeurs, Las Lajas et ses cocotiers… Ciel bleu, température de l'air 32°, température de l'eau 31° et quelques cocotiers pour faire de l'ombre, le temps s'écoule paisiblement.
Des jeunes qui ont du rencontrer Dieu ont écrit sur le sable "Dios me ama = Dieu m'aime", quant à moi, j'ai du faire une mauvaise rencontre.
Nous traversons la cordillère centrale dont le volcan Baru, 3475 m est le point culminant du pays. Seuls, quelques hameaux immergent de la jungle exubérante.
Le pays n'étant pas bien large, nous arrivons rapidement sur la côte Atlantique à "Almirante" petite ville à l'architecture Caribéenne. L'Almirante (l'amiral en espagnol), c'est Christophe Colomb, qui en 1502 lors de son quatrième voyage "aux Indes" explore la région et l'archipel de "Bocas del Toro". L'archipel comprend neuf grandes iles et des centaines d'îlots
Welcome to Bocas del Toro, ici on parle anglais depuis des générations, enfin plutôt le guari-guari, mélange d'anglais des Antilles, d'espagnol et de ngöbere. La population afro-caribéenne, majoritairement Jamaïcaine vit principalement du tourisme.
L'ambiance est cool, jeune et détendue et les maisons caribéennes en bois, sur pilotis sont plus ou moins colorées, plus ou moins penchées, mais le charme opère.
Mais on vient surtout ici pour profiter des belles plages bordées de mangrove ou de cocotiers et plonger sur les massifs coralliens multicolores.
Lors d'une promenade en forêt, nous sommes attirés par les cris perçants de quelques singes hurleurs, puis au détour d'un chemin, nous tombons nez à nez avec un paresseux, coup de chance, car en général, ils restent presque sans bouger, invisibles, au sommets de grands arbres.
Quelques Bivouacs :
Portobelo Panama Balboa YC Santa Clara Playa Venado Playa Las Lajas
Isla Bocas del Toro
Les moins : Température un peu élevée. Ceux qui n'aiment pas la plage risquent de rester sur leur faim.
Les plus : Prix raisonnables, on trouve de tout partout. La population serviable, conducteurs fairplay. La sécurité partout (sauf à Colon et 1 ou 2 quartiers de Panama), bivouacs libres sans soucis. Beau temps tout le temps, belles plages. Et le clou du spectacle, l'archipel des San Blas et les Kunas.
Bilan Panama : 34 jours de voyage, dépenses 1350 € dont 900 € d'entretien mécanique.
Parcours de 1800 km, cumul depuis le départ : 50800 km
Le lundi 19 avril 2010 le voyage se poursuit au Costa-Rica.